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Assassinat du chef Burutsi à Walikale : cible des rebelles M23 dans un Nord-Kivu en crise

Une nouvelle vague de violence secoue le territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu. Ce dimanche 18 janvier 2026, le chef de village Burutsi, Mungo Barutsi, a été froidement abattu par des individus armés non identifiés. L’assassinat s’est produit au cœur de son entité, située dans le groupement Luberike, une zone qui vit sous le joug des rebelles de l’AFC/M23 depuis avril 2025. Les autorités locales confirment le drame, mais les circonstances exactes restent enveloppées de mystère. Les assaillants se seraient évanouis dans la nature immédiatement après leur forfait, laissant derrière eux une communauté en état de choc.

La sécurité à Walikale est mise à rude épreuve par cet acte odieux. Le chef de la localité Banaulengo, Useni Sadiki Taylor, a officiellement annoncé la tragédie. « Des enquêtes sont en cours afin d’identifier les auteurs de cet acte criminel et d’établir les responsabilités », a-t-il déclaré, tout en lançant un appel pressant au calme et à la vigilance. Cependant, sur le terrain, les témoignages évoquent une attaque rapide et ciblée, caractéristique des violences qui frappent régulièrement ce territoire. Comment une telle exécution a-t-elle pu se dérouler en plein jour, dans une zone sous contrôle rebelle ? La question hante les esprits.

Le contexte sécuritaire dans cette partie du Nord-Kivu est des plus alarmants. La présence des rebelles AFC/M23 a instauré un climat de terreur persistant. Depuis leur prise de contrôle, les populations subissent des exactions, des restrictions de mouvement drastiques et des atteintes répétées aux figures d’autorité. L’assassinat de ce chef coutumier en RDC n’est malheureusement pas un cas isolé. Des habitants de Burutsi dénoncent une escalade des violences délibérément dirigées contre les leaders communautaires. Ces hommes et femmes sont perçus comme des piliers de la cohésion sociale et, à ce titre, deviennent des cibles privilégiées pour semer la discorde et la peur.

La mort de Mungo Barutsi plonge la région dans une détresse profonde, d’autant plus qu’elle survient à peine une semaine après une catastrophe naturelle dévastatrice. Un glissement de terrain survenu à Burutsi a en effet coûté la vie à vingt-huit personnes. La communauté locale, déjà éprouvée, doit maintenant faire face à un nouveau deuil. « Nous n’avons pas encore fini de pleurer nos morts du glissement de terre que nous perdons aujourd’hui notre chef de village. C’est trop pour une seule communauté », confie un habitant, la voix brisée par l’émotion. Cette succession de tragédies met en lumière l’extrême vulnérabilité des civils pris entre les aléas de la nature et la brutalité des conflits armés.

Les violences sur le territoire de Walikale posent une question cruciale : jusqu’où l’impunité peut-elle régner ? L’assassinat du chef Burutsi intervient dans un vide sécuritaire apparent, malgré la présence affirmée des groupes rebelles. Les appels à une protection urgente des civils et des autorités traditionnelles se multiplient. La population exige que des enquêtes indépendantes soient ouvertes pour que la lumière soit faite et que justice soit rendue. La crédibilité des efforts de paix dans la région est en jeu. Peut-on espérer une stabilisation durable sans garantir la sécurité des leaders locaux, ces gardiens de l’ordre social ?

Les rebelles AFC/M23, acteurs majeurs de l’insécurité au Nord-Kivu, n’ont pas encore réagi publiquement à cet assassinat. Leur contrôle sur la zone complique considérablement le travail des forces de l’ordre et des organisations humanitaires. Les routes sont souvent impraticables, et la libre circulation des personnes est entravée. Cette situation entrave non seulement les secours après le glissement de terrain, mais aussi les investigations nécessaires pour élucider le meurtre du chef de village. La communauté internationale est une nouvelle fois interpellée sur la crise persistante en République démocratique du Congo.

En attendant, les habitants de Burutsi et des environs restent sur le qui-vive. La peur d’autres représailles ou attaques ciblées plane. La mort de Mungo Barutsi, chef respecté, symbolise l’escalade des tensions et la fragilisation délibérée des structures communautaires. Les enquêtes promises par les autorités locales seront-elles suffisantes pour apaiser les cœurs et rétablir un semblant de sécurité ? Pour l’instant, le territoire de Walikale retient son souffle, entre deuil et incertitude, dans l’attente d’une réponse ferme à cette spirale de violence.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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