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Accident meurtrier RN1 à Masi-Manimba : l’excès de vitesse du véhicule SANRU pointé du doigt

Le bilan ne cesse de s’alourdir. Jeudi dernier, sur la Route Nationale 1, au niveau du village Muluma dans le territoire de Masi-Manimba, un véhicule du programme SANRU a violemment quitté la chaussée. Ce qui n’était d’abord annoncé que comme cinq vies fauchées est rapidement devenu un drame à sept morts et huit blessés, ces derniers luttant aujourd’hui pour leur survie dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital général de Mosango. Le cœur de la province du Kwilu est en deuil, et une question lancinante revient : jusqu’à quand la RN1 sera-t-elle un couloir de la mort ?

Les premiers éléments laissaient penser à un tragique concours de circonstances. Mais l’enquête de terrain menée par les autorités locales a radicalement changé la donne. L’administrateur du territoire, Emery Kanguma, l’affirme sans détour : l’accident est dû à un excès de vitesse flagrant. Le chauffeur du véhicule, en provenance de Kinshasa pour Kikwit, aurait perdu le contrôle de son bolide après avoir roulé à une allure excessive, finissant sa course hors de la route et percutant de plein fouet des piétons innocents. « Parmi les blessés, nous avons des cas très graves et d’autres plus légers », précise l’administrateur, la voix empreinte d’une gravité qui en dit long sur la violence du choc.

Cette nouvelle version des faits jette une lumière crue sur les négligences qui coûtent des vies sur nos axes routiers. Le programme SANRU, dont la mission est pourtant de sauver des vies à travers la santé, se retrouve au cœur d’un scandale de sécurité routière RDC. Comment un chauffeur professionnel peut-il se permettre de mettre en danger autrui par une conduite aussi irresponsable ? La question de la formation et du respect strict du code de la route par les conducteurs d’organismes publics et humanitaires est brutalement posée.

Au-delà de la responsabilité du conducteur, c’est tout un système de laisser-aller qui est dénoncé avec force. La Nouvelle société civile de Masi-Manimba monte au créneau, son indignation palpable. Son coordonnateur, Me Mayi Kinganzi, fustige un phénomène devenu banal et terriblement dangereux : la présence massive des jeunes, voire des enfants, sur la chaussée de la RN1. « On voit même, lors des matchs inter-villages, des jeunes sur la chaussée en train de crier, alors qu’il y a des véhicules et des motos qui circulent à vive allure », s’insurge-t-il. Cette cohabitation mortelle entre piétons et flux de circulation intense est un risque permanent, un cocktail explosif qui n’attend qu’un dérapage pour produire son effet dévastateur.

L’appel de Me Kinganzi est un cri du cœur pour la justice et la dignité. « Il y a eu mort d’hommes. La justice doit se saisir d’office pour que ces victimes bénéficient d’un enterrement digne et pour penser à indemniser les familles », plaide-t-il. Mais son plaidoyer va plus loin, il est aussi préventif : des mesures urgentes doivent être prises pour interdire la fréquentation des enfants sur cet axe vital et dangereux. Sans une action ferme des autorités pour sécuriser les abords de la route et réglementer son usage, le drame de Muluma risque hélas de n’être qu’un épisode de plus dans une longue série.

La RN1, artère économique majeure qui traverse Masi-Manimba de la frontière du Kwango jusqu’à Bulungu, avec des prolongements vers Kikwit et Tshikapa, est paradoxalement devenue un lieu de vie et de mort. Le macadam attire comme un aimant. Des marchés s’improvisent tout autour, créant une animation permanente et un important mouvement piétonnier des deux côtés de la voie. Cette mixité des usages, sans la moindre protection ni signalisation adaptée, est une bombe à retardement. L’Accident RN1 Masi-Manimba en est la triste illustration.

Alors que le bilan accident Kwilu s’envole, la communauté est sous le choc. Les familles des victimes attendent des réponses et des comptes. Cette tragédie met en exergue le besoin criant d’une politique nationale de sécurité routière digne de ce nom. Contrôles de vitesse renforcés, sensibilisation des communautés riveraines, aménagements sécuritaires aux points critiques, responsabilisation des employeurs de chauffeurs : les solutions ne manquent pas. Reste la volonté de les appliquer. En attendant, la Route Nationale 1 continue de dévorer ses enfants, dans l’indifférence parfois complice de l’inaction. Combien de vies faudra-t-il encore perdre pour que le changement s’impose ?

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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