Dans un coup de semonce qui révèle les tensions budgétaires au cœur de la province du Kasaï-Central, le ministre provincial des Finances a procédé, jeudi 15 janvier, à la suspension du directeur général de la DGRKAC ainsi que de son adjoint. Cette décision, aussi brutale que symbolique, intervient dans un contexte de stagnation des recettes de la province qui menace l’exécution des politiques publiques. Le gouvernement provincial, par la voix de son ministre, justifie cette mesure par des résultats insuffisants des recettes au Kasaï-Central par rapport aux objectifs fixés, un aveu d’échec qui interroge sur l’efficacité de la chaîne de collecte.
Le ministre des Finances du Kasaï-Central n’a pas mâché ses mots : malgré les moyens de mobilité récemment alloués à la Direction générale des recettes du Kasaï-Central (DGRKAC) pour booster sa performance, les chiffres restent désespérément plats. Comment expliquer une telle contre-performance alors que les outils semblent avoir été fournis ? La question, sous-jacente dans la communication officielle, pointe vers une gestion défaillante, voire une inertie administrative qui coûte cher à la province. Cette action disciplinaire à l’encontre de la DGRKAC n’est donc pas une simple formalité, mais bien un signal fort adressé à l’ensemble des services financiers.
La suspension s’accompagne de l’ouverture immédiate d’une procédure disciplinaire. Les deux responsables devront fournir des justifications écrites dans les délais impartis, face à des griefs centrés sur la mauvaise gestion des objectifs de recettes. Cette étape cruciale déterminera si leur responsabilité est pleinement engagée ou si des facteurs externes ont contribué à cette stagnation des recettes de la province. En attendant, le gouvernement provincial cherche à stabiliser sa chaîne de collecte, essentielle pour répondre à ses besoins budgétaires pressants.
Derrière cette décision se cache un enjeu politique de taille. Le ministre joue gros en frappant à la tête de la DGRKAC. Si cette mesure peut être perçue comme une démonstration d’autorité nécessaire, son échec à relancer les recettes pourrait fragiliser durablement la crédibilité du gouvernement provincial. Par ailleurs, on peut s’interroger : la suspension des deux hauts fonctionnaires est-elle une solution pérenne ou un simple cautère sur une jambe de bois ? La problématique des recettes au Kasaï-Central dépasse peut-être le cadre managérial et touche à des questions structurelles, comme l’assiette fiscale ou la collaboration avec les contribuables.
Les implications de cette suspension du directeur général de la DGRKAC sont multiples. D’abord, elle expose les vulnérabilités financières d’une province en quête de ressources propres. Ensuite, elle met en lumière les attentes élevées placées dans les régies financières, souvent perçues comme des leviers clés de l’autonomie provinciale. Enfin, cette affaire pourrait inspirer d’autres provinces confrontées à des défis similaires, faisant du Kasaï-Central un laboratoire de la discipline budgétaire.
À court terme, l’attention se porte sur le déroulement de l’action disciplinaire. Les justifications des suspendus seront-elles jugées convaincantes ? Le ministre saura-t-il résister aux pressions politiques qui ne manqueront pas d’accompagner ce dossier ? Autant de questions qui pèsent sur l’issue de cette crise. Quelle que soit la décision finale, elle enverra un message sur la tolérance zéro affichée en matière de gestion des fonds publics.
En conclusion, la suspension à la DGRKAC est un épisode révélateur des défis de gouvernance que traverse le Kasaï-Central. Si l’action du ministre des Finances du Kasaï-Central est courageuse, elle ne sera véritablement efficace que si elle s’inscrit dans une réforme plus profonde de l’administration fiscale. La province devra, dans les mois à venir, prouver que cette secousse managériale a permis de relancer la machine des recettes, sans quoi le risque d’une nouvelle stagnation planera comme une épée de Damoclès sur ses ambitions de développement.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
