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Nord-Kivu : Un glissement de terrain meurtrier ensevelit Burutsi et coupe la route Goma-Masisi

Ils dormaient paisiblement, ignorant que la colline qui veillait sur leurs toits de chaume depuis des générations allait se retourner contre eux. Aux alentours d’une heure du matin, ce mardi 13 janvier, sous le déluge incessant qui s’abattait sur le village de Burutsi, dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu, le sol a tremblé d’une façon sinistre. Une masse de terre s’est détachée de la colline Muhanga, dévalant la pente avec une violence inouïe. En quelques secondes, le fracas de la nature a englouti le silence de la nuit, ensevelissant maisons, arbres et vies sous un linceul de boue. Vingt-huit personnes ont péri, cinq autres ont été blessées. Parmi les victimes, des voyageurs de passage, surpris dans leur transit nocturne, dont l’identité reste un mystère poignant.

Le bilan, encore provisoire, est lourd de désolation. Vingt-trois corps ont pu être rendus à l’affliction de leurs familles. Cinq autres, méconnaissables, attendent qu’un nom leur soit redonné. La catastrophe de Burutsi à Walikale ne se compte pourtant pas qu’en vies humaines. Derrière les chiffres, il y a la dévastation palpable d’une communauté. Dix-sept ménages se retrouvent sans rien, vingt-quatre maisons rayées de la carte, réduites à des amas informes de terre et de débris. Le visage de ce coin du groupement Luberike, autrefois animé par les rires des enfants et les conversations du soir, n’est plus qu’un champ de ruines. Les rescapés, hagards, errent parmi les décombres, leurs regards cherchant en vain un objet familier, un repère. Où trouver un abri ? De quoi se nourrir demain ? Les questions se bousculent, sans réponse immédiate.

Cette tragédie, un glissement de terrain d’une rare violence dans le Nord-Kivu, est un cruel rappel de la vulnérabilité des populations face aux caprices de la nature, mais aussi de la précarité dans laquelle vivent tant de Congolais. Pourquoi ces collines, soumises à une pression démographique et à des pratiques agricoles parfois peu contrôlées, finissent-elles par céder ? L’absence d’aménagement du territoire et de mesures de prévention des risques ne rend-elle pas inéluctables de telles catastrophes ? La société civile locale lance un cri d’alarme, pointant du doigt l’urgence de plans d’urbanisation et de systèmes d’alerte précoce. Les autorités coutumières, premières sur place, ont dressé un rapport accablant, mais leurs moyens sont dérisoires face à l’ampleur du désastre.

La situation est d’autant plus critique que la catastrophe a frappé au cœur d’un axe vital. La route Goma-Masisi-Walikale, artère économique essentielle pour l’approvisionnement de toute la région, est coupée. Une portion significative a été emportée ou enterrée sous les éboulis. Cette paralysie du trafic isole un peu plus les sinistrés de Luberike, déjà en détresse. Comment acheminer l’aide humanitaire d’urgence – tentes, nourriture, médicaments – si les camions ne peuvent plus passer ? L’économie locale, qui repose sur le flux des marchandises et des personnes, est à l’arrêt. Les prix des denrées risquent de flamber dans les prochains jours, ajoutant une crise économique à la crise humanitaire.

Les appels se multiplient pour une intervention rapide de l’Office des routes. Dégager la voie est une priorité absolue pour désenclaver la zone et permettre aux secours d’arriver. Mais au-delà de l’urgence, c’est toute une réflexion sur l’aménagement du territoire et la protection des populations qui doit être engagée. Les glissements de terrain ne sont pas une fatalité. Ils sont souvent la conséquence d’une combinaison de facteurs : pluviométrie exceptionnelle, déboisement, constructions dans des zones à risque. La prévention est possible, elle est même indispensable.

Ce drame, survenu dans la nuit du 13 janvier, est donc plus qu’une simple actualité. C’est le miroir d’enjeux sociétaux profonds qui traversent la République Démocratique du Congo. L’accès à un habitat sûr, la gestion des ressources naturelles, la résilience des communautés face aux aléas climatiques, et la capacité de l’État à protéger ses citoyens et à entretenir ses infrastructures. Les familles de Burutsi attendent aujourd’hui une main tendue, une solidarité nationale et internationale pour panser les plaies immédiates. Mais demain, il faudra reconstruire en étant plus sage, pour éviter que l’histoire ne se répète, que d’autres ne soient un jour surpris dans leur sommeil par la colère d’une collie.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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