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Détention préventive d’un an sans procès : Le ministre Mbemba réagit au cas du taximan Ilemo Mosengo

Le ministère des Droits humains de la République Démocratique du Congo a officiellement fait part de son suivi vigilant du dossier d’Ilemo Mosengo, un taximan moto maintenu en détention préventive dans une prison de la capitale, Kinshasa, depuis près d’une année, sans qu’aucun jugement n’ait été rendu à son encontre. Cette position a été formulée par le ministre Samuel Mbemba dans un communiqué transmis ce vendredi 16 janvier, réagissant ainsi à la diffusion virale d’une vidéo montrant l’individu au physique affaibli et à la voix brisée.

Le texte ministériel, d’une page, réaffirme solennellement « l’engagement et la volonté du gouvernement Suminwa de promouvoir et protéger les droits humains », avec une attention particulière portée aux procédures pénales. Le ministre a tenu à rappeler un principe cardinal du droit, souvent mis à mal dans la pratique : « La liberté est la règle, la détention préventive l’exception ». Cette assertion se fonde, comme l’a précisé Samuel Mbemba, sur la Constitution congolaise, les lois nationales en vigueur et l’ensemble des instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC. Le communiqué souligne avec fermeté que toute entorse à ce principe fondamental équivaut à une violation des droits et libertés de la personne.

Au-delà du cas spécifique d’Ilemo Mosengo, le ministre des Droits humains a lancé un appel pressant aux autorités judiciaires du pays. Il les enjoint de veiller, avec la plus grande rigueur, au respect absolu de la présomption d’innocence. Ce principe, pierre angulaire de tout état de droit, implique que toute personne poursuivie doit, sauf exceptions strictement encadrées par la loi, bénéficier de sa liberté pendant toute la durée de l’instruction et de la procédure judiciaire. Cette incarcération prolongée sans jugement du taximan moto à Kinshasa vient ainsi contredire frontalement cette garantie légale.

L’affaire, relayée massivement sur les réseaux sociaux, a servi de catalyseur pour relancer un débat public brûlant concernant le système judiciaire congolais. Elle met en lumière, une fois de plus, la problématique endémique et récurrente des détentions préventives abusivement longues. Combien de détenus, comme Ilemo Mosengo, croupissent-ils dans les cachots du pays pour des faits parfois qualifiés de bénins, dans l’attente interminable d’un procès qui ne vient jamais ? Cette situation interroge profondément l’efficacité et l’équité de l’appareil judiciaire, créant une injustice criante pour les individus concernés et alourdissant considérablement la surpopulation carcérale.

La réaction du ministère dirigé par Samuel Mbemba, bien que tardive, est interprétée par certains observateurs comme un signal positif de la part des autorités. Elle démontre une certaine sensibilité à la pression de l’opinion publique et des défenseurs des droits de l’homme. Toutefois, la véritable mesure de cet engagement sera jugée à l’aune des actions concrètes qui suivront. La libération conditionnelle ou sous caution d’Ilemo Mosengo, en attendant son éventuel procès, constituerait un premier pas tangible vers le respect des principes énoncés. Dans le cas contraire, les mots risquent de rester lettre morte, et le dossier de ce taximan détenu sans procès ne sera qu’un triste exemple supplémentaire d’un dysfonctionnement systémique.

Cette affaire pose inévitablement la question de l’effectivité des droits fondamentaux en RDC. La détention préventive, conçue comme une mesure exceptionnelle pour des raisons impératives (risque de fuite, pression sur les témoins, gravité extrême du crime), est-elle devenue la règle par commodité ou par défaillance structurelle ? Le ministère des Droits humains aura-t-il l’autorité et les moyens de traduire en actes ses déclarations de principe pour garantir que la présomption d’innocence ne soit pas un vain concept ? L’incarcération prolongée sans jugement, au-delà de bafouer les droits de l’individu, sape la confiance des citoyens envers les institutions et affaiblit la crédibilité de l’État de droit. Le cas d’Ilemo Mosengo à Kinshana est désormais un test pour les autorités judiciaires et gouvernementales.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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