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Fraude électorale à Ngandajika : la CENI s’obstine, la population s’organise pour la lutte

Une onde de choc traverse le territoire de Ngandajika, dans la province de Lomami, suite à une décision administrative de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). La publication, le 12 décembre 2025, de la décision N°012/CENI/BUR/2025 portant sur la mise en place générale des agents et cadres des démembrements de l’institution électorale a agi comme un détonateur. En maintenant en poste le Chef d’Antenne Kalonji Ilunga Claude et ses principaux collaborateurs, la CENI a rallumé les braises d’une colère longtemps contenue, suscitant une contestation farouche des candidats aux législatives de 2023 et de la population locale. La situation, extrêmement tendue, laisse craindre des jours sombres si aucune mesure d’apaisement n’est rapidement prise.

Le cœur du mécontentement réside dans les graves accusations de fraude électorale qui pèsent sur l’équipe reconduite. Selon de multiples témoignages recueillis sur le terrain, les élections du 20 décembre 2023 dans la circonscription de Ngandajika auraient été entachées d’irrégularités massives. Les principaux griefs incluent la distribution sélective de machines à voter à des candidats impopulaires, le bourrage systématique des urnes et la perception d’argent dans certains centres de vote. Ces allégations, longtemps étouffées, refont surface avec virulence, portées par un sentiment d’injustice et la crainte de voir se reproduire les mêmes scénarios.

Les récits sont précis et accablants. Mulowayi Kabekas, enseignant dans une école primaire locale, affirme avoir personnellement neutralisé un proche d’un candidat, trouvé en possession d’une machine à voter aux abords du quartier Inabanza, escorté par un policier en civil qui n’a pas hésité à tirer pour dissimuler l’affaire. « Les jeunes du quartier avaient accouru pour lyncher ce porteur de la machine », raconte-t-il, illustrant le climat de défiance extrême. Un observateur électoral membre de la société civile confirme que ce cas n’était pas isolé, citant des pratiques similaires dans les quartiers Buangandu et Kabudia, ainsi que dans les villages environnants de Kanyana, Kafumbu et Bena Kalambayi.

Le Chef d’Antenne Kalonji Ilunga Claude est directement pointé du doigt. Pierre Claver Tshibuabua wa Kasomboyi, chef d’un centre de vote à Kasonji, témoigne : « Pendant ce temps, le téléphone du Chef d’Antenne, Claude Kalonji, sonnait creux. Connaissant ses forfaitures, ce CA se faisait escorter par une cohorte de policiers durant tous les jours des élections pour sa sécurité ». Il se dit prêt à présenter des preuves matérielles de ces fraudes. Ces révélations corroborent les dires d’autres acteurs locaux qui dénoncent une préparation en amont de la fraude, impliquant selon eux des « bandits » formés dans l’hôtel d’un candidat controversé.

Face à cette reconduction perçue comme une provocation, la mobilisation s’organise. Un collectif de candidats s’estimant victimes des fraudes de 2023 prend de l’ampleur. Leurs porte-parole sont catégoriques : ils menacent d’occuper les rues de Ngandajika jusqu’à ce que le président de la CENI, Denis Kadima, procède au remplacement de l’équipe locale. « Nous avons des preuves et gardons jalousement les procès-verbaux », assurent-ils, refusant de laisser impunies les pratiques qui ont, selon eux, confisqué la volonté populaire. La population, elle aussi, ne reste pas passive. Des actions de sensibilisation sont prévues dans les églises et sur les marchés pour dénoncer ce qu’elle considère comme une volonté manifeste de la CENI de pérenniser le désordre et la corruption.

Les organisations de la société civile locale, alertées par la montée des tensions, tentent de jouer un rôle modérateur. Elles prévoient un point de presse et envisagent de saisir formellement les instances nationales de la CENI pour exiger une révision de la décision controversée. Leur objectif est double : faire entendre la voix des contestataires tout en œuvrant pour désamorcer une crise sociale qui pourrait dégénérer. La question qui se pose maintenant est de savoir si la CENI centrale entendra ces appels au dialogue et à la transparence. L’enjeu dépasse le simple remplacement d’agents ; il touche à la crédibilité même du processus électoral dans une région où la confiance des citoyens envers les institutions est gravement érodée. La paix sociale à Ngandajika et la légitimité des futures consultations électorales en dépendent.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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