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CIRGL : Un général zambien prend le commandement du mécanisme de vérification du cessez-le-feu en RDC

Le Mécanisme Conjoint de Vérification Élargi Plus (MCVE+), pierre angulaire des efforts de paix dans l’est de la République démocratique du Congo, vient de se doter d’un nouveau commandement. La décision a été entérinée lors d’une réunion extraordinaire des ministres de la Défense des États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Cette nomination intervient dans un contexte où la crédibilité des processus de paix est Congo est plus que jamais mise à l’épreuve.

Le général de brigade Charles Simuyuni Nakeempa, de la République de Zambie, prend les rênes de ce mécanisme régional crucial. Il sera épaulé par le colonel Arlindo Sebastiao Vandunem Fernandes, représentant l’Angola. Leurs mandats ont été approuvés à Livingstone, en Zambie, lors d’une session ministérielle axée sur l’examen des défis sécuritaires et humanitaires majeurs dans l’est de la RDC et leurs répercussions régionales.

Cette réunion des ministres de la Défense à Livingstone avait un ordre du jour chargé. Outre les nominations, les participants ont procédé à l’approbation formelle d’un mémorandum d’entente liant la CIRGL, le gouvernement congolais et le groupe armé AFC/M23. Ce document, ancré dans la Déclaration de principes de Doha, détaille les modalités de mise en œuvre du MCVE+ et fixe les termes de référence du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, connu sous le sigle EJVM+.

La réunion a rassemblé les représentants de l’Angola, du Burundi, de la République centrafricaine, du Congo, de la RDC, du Kenya, du Rwanda, du Soudan, de la Tanzanie, de l’Ouganda et de la Zambie. Les discussions ont porté sur l’impérieuse nécessité de forger une réponse régionale unifiée. Cette stratégie commune entend s’aligner sur plusieurs cadres existants : le Pacte de Sécurité, Stabilité et Développement de la CIRGL, l’Accord-Cadre de paix de Doha et les Accords de Washington.

Dans une démonstration de volonté politique, les ministres ont réaffirmé leur attachement au Protocole de la CIRGL sur la non-agression et la défense mutuelle. Ils se sont également engagés à respecter la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Leur soutien a été réitéré envers l’Accord-Cadre de Doha et les Accords de Washington, considérés comme des piliers essentiels pour la stabilité régionale.

Le ton des interventions fut cependant marqué par une urgence palpable. Le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants de la RDC, Guy Kabombo Muadiamvita, a livré un plaidoyer sans équivoque. Il a insisté sur le fait que la paix « ne peut plus être retardée, ni conditionnée à des calculs politiques ». Pour lui, l’heure est à l’action concrète et à la crédibilité.

« Les mécanismes régionaux doivent devenir crédibles, opérationnels et dissuasifs », a-t-il martelé, soulignant que leur vocation première est de protéger les civils et de briser les cycles de violence endémique. Le ministre congolais a placé la barre très haut pour le nouveau commandement, présentant l’opérationnalisation effective du MCVE+ comme « un test de crédibilité pour la CIRGL et pour l’ensemble de la région ».

Cette pression s’explique par un contexte opérationnel difficile. Rappelons que le mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu a été signé à Doha le 14 octobre 2025, à l’issue d’un round de discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23, sous médiation qatarie. Pourtant, sa traduction sur le terrain reste jusqu’à présent lettre morte.

Pourquoi une telle inertie ? La réponse réside en grande partie dans la paralysie du dispositif sur lequel il s’appuie. Le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE) de la CIRGL, précurseur du MCVE+, fonctionne au ralenti, miné par des défis logistiques, politiques et sécuritaires. Cette incapacité à agir efficacement sape la confiance dans l’ensemble du processus de paix est Congo et laisse les populations dans une vulnérabilité constante.

La mission confiée au général Charles Simuyuni Nakeempa est donc titanesque. Il devra redynamiser une structure en panne, lui insuffler une réelle capacité opérationnelle et la rendre apte à surveiller un cessez-le-feu fragile sur un terrain complexe et dangereux. Son succès ou son échec sera un indicateur clair de la capacité de la région à gérer ses propres crises.

La CIRGL, dans son communiqué final, a réaffirmé son engagement à « relever les multiples défis de la région, tout en œuvrant à la promotion de la sécurité, de la stabilité et du développement durable ». Des mots qui sonnent aujourd’hui comme une promesse devant être tenue. La nomination d’un nouveau commandant est un pas, mais seul un mécanisme vérification cessez-le-feu RDC pleinement fonctionnel et respecté par toutes les parties pourra transformer l’espoir de paix en réalité tangible pour les millions de Congolais de l’Est.

L’arrivée du général Nakeempa marque-t-elle un tournant décisif ? La communauté régionale et internationale observe désormais les prochaines étapes. La crédibilité des engagements pris à Livingstone sera jugée à l’aune des actions concrètes qui suivront sur le terrain congolais. L’opérationnalisation du MCVE+ n’est pas qu’une question technique ; c’est un impératif moral et politique pour toute la région des Grands Lacs.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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