Le calme est revenu ce lundi dans la cité de Manono, province du Tanganyika, après une journée de manifestations violentes déclenchées par la mort d’un motocycliste. Ce dernier a été abattu par un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) lors d’une dispute sur le prix du transport. L’incident, survenu à quelques kilomètres du centre-ville, a provoqué une colère immédiate parmi les transporteurs à deux roues. Comment une simple querelle a-t-elle pu tourner au drame ? Les faits remontent à dimanche, mais leurs conséquences secouent encore la région.
Selon les sources locales, le drame s’est produit au village Kanteba, à 7 km de Manono. Le militaire avait engagé les services du motard pour un trajet depuis Ngoya, à 35 km vers Lubumbashi, jusqu’à Manono. À l’arrivée, une querelle a éclaté lorsque le soldat a refusé de payer le montant convenu, exigeant de poursuivre vers Kalemie sans compensation supplémentaire. La tension a monté rapidement, et le militaire a sorti son arme pour tirer à bout portant sur le conducteur. La violence militaire en RDC fait ainsi une nouvelle victime, rappelant des incidents antérieurs dans la zone.
Après le meurtre, le suspect a pris la fuite avec la moto volée. Les services de sécurité ont été alertés et traquent activement le militaire. Cette fuite ajoute à l’indignation de la population, déjà exaspérée par des actes similaires dans la région. Où se cache le militaire auteur de ce crime ? Les recherches se poursuivent, mais l’absence d’arrestation immédiate alimente le sentiment d’impunité.
Dimanche, les motocyclistes de Manono sont descendus dans les rues pour exprimer leur colère. Certains à moto, d’autres à pied, ils ont scandé des slogans dénonçant la violence militaire. Leur cortège a sillonné les artères principales de la ville, vandalisant au passage le marché Majengo. Le bureau du territoire a également été pris pour cible, caillassé par les manifestants. Une moto appartenant au colonel, dont le chauffeur militaire est l’auteur présumé du meurtre, a été incendiée. Les manifestations au Tanganyika ont ainsi dégénéré, causant des dégâts matériels significatifs.
L’administrateur du territoire, Cyprien Kitanga, a confirmé les faits. « À leur arrivée à Manono, le militaire a déclaré qu’il ne se limitait pas à cette localité et qu’il poursuivrait sur la route vers Kalemie, à environ 7 km. Une dispute a éclaté au sujet du prix du transport, et le militaire a alors abattu le motocycliste à bout portant », a-t-il rapporté. Les autorités tentent de ramener l’ordre tout en promettant que justice sera rendue. Cependant, la parole officielle suffira-t-elle à apaiser les esprits ?
Ce n’est malheureusement pas un incident isolé. Cyprien Kitanga note que trois cas similaires de motocyclistes tués par des militaires ont été enregistrés en trois ans dans la zone. Cette répétition d’actes violents interroge sur l’impunité dont semblent bénéficier certains éléments des forces armées. Jusqu’où ira la violence militaire en RDC ? La population de Manono, comme celle d’autres régions, exige des réponses concrètes. L’incident de Manono moto-taxi révèle une problématique plus large de sécurité et de responsabilité.
Les manifestations de Manono mettent en lumière les tensions persistantes entre civils et militaires dans le Tanganyika. Le secteur des motos-taxis, vital pour l’économie locale, est particulièrement touché par ces violences. Comment assurer la sécurité des transporteurs tout en maintenant l’ordre public ? Les autorités locales et nationales doivent prendre des mesures urgentes pour prévenir de tels drames. La mort du motocycliste à Manono sert de signal d’alarme pour toute la province.
Pour l’heure, le calme est précaire à Manono. La traque du militaire se poursuit, et la population attend des actions visibles. L’incident de Manono rappelle tragiquement que la violence militaire en RDC continue de faire des victimes innocentes. Les motocyclistes, essentiels à la mobilité, paient parfois de leur vie des conflits absurdes. La province du Tanganyika reste un point chaud où la colère peut rapidement dégénérer. Que faire pour briser ce cycle de violence ?
En conclusion, la mort du motocycliste à Manono est un événement qui dépasse le simple fait divers. Les manifestations qui ont suivi montrent l’exaspération grandissante face à l’impunité. Il est impératif que les responsables sécuritaires agissent pour ramener la confiance et garantir que de tels incidents ne se reproduisent plus. La violence militaire ne doit pas devenir une norme dans les rues congolaises. Le bilan de cet épisode est lourd : un mort, des biens détruits, et une communauté en émoi. L’enquête doit aboutir rapidement pour rendre justice et prévenir de futures tragédies.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
