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Assassinat d’un professeur UNIKIN : le sit-in annulé, la colère intacte

Le sit-in prévu par les enseignants de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) pour ce lundi a été annulé. Cette décision fait suite à une rencontre, dimanche, entre une délégation de professeurs et le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Les échanges ont principalement porté sur les préoccupations sécuritaires grandissantes au sein des sites universitaires et dans leurs environs immédiats. Le ministre a promis de s’impliquer personnellement, devant même participer à une messe en mémoire de la victime.

Cet assassinat, qui a secoué la communauté universitaire, est survenu dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 janvier. Le professeur Diabar Abata Mathieu Sona, également connu sous le nom de Mathieu Abata, a été froidement abattu à son domicile, situé dans la commune de Lemba. Des bandits armés ont encerclé sa résidence familiale avant de passer à l’acte. Sa fille, Rosette Abata, infirmière, a livré un témoignage poignant : son père a été fauché par des balles alors qu’il tentait de s’interposer pour protéger son épouse. Transporté d’urgence, il a succombé à ses blessures à la morgue des Cliniques universitaires de Kinshasa.

Face à ce drame qualifié de « lâche et barbare », l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN) avait initialement réagi avec une fermeté sans précédent. Consternée, révoltée et meurtrie, l’association avait décrété la suspension immédiate de toutes les activités académiques. Elle avait également convoqué une assemblée générale extraordinaire pour décider des actions à mener, dont le sit-in massif finalement reporté. La colère était palpable, alimentée par un sentiment d’abandon et d’insécurité chronique.

L’onde de choc de cet assassinat professeur UNIKIN ne s’est pas limitée aux murs de l’université. Elle a révélé au grand jour les failles béantes de la sécurité dans les quartiers résidentiels. Le lendemain du crime, un suspect serait même revenu sur les lieux, selon plusieurs témoins. Pris de fureur, des habitants du quartier l’ont lynché, un acte de violence populaire qui traduit une défiance profonde envers les forces de l’ordre. Ces mêmes témoins dénoncent une absence totale d’intervention policière pendant les près de deux heures qu’auraient duré l’attaque des bandits armés Lemba.

Cette tragédie relance avec une acuité particulière le débat sur l’insécurité Kinshasa. Malgré le lancement de l’opération « Ndobo » par les autorités, destinée à juguler la criminalité urbaine, la capitale congolaise reste le théâtre d’une recrudescence inquiétante des violences armées. Les promesses de sécurisation des espaces publics, y compris aux abords des universités, semblent loin d’être tenues. Comment une opération de grande envergure peut-elle échouer à protéger un enseignant dans son propre domicile ? La question hante désormais tous les citoyens.

Les réactions officielles n’ont pas tardé. La ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, a fermement condamné cet acte « odieux ». Elle a assuré que les services de sécurité et de justice avaient été saisis pour élucider les circonstances de ce crime. De son côté, le ministre Shabani, par sa rencontre anticipée avec les enseignants, a tenté de désamorcer une mobilisation qui menaçait de prendre de l’ampleur. Son engagement à participer à la messe en hommage au défunt professeur est perçu comme un geste symbolique fort.

La sécurité universités Kinshasa est désormais au cœur des négociations. Les professeurs exigent des mesures concrètes et visibles : renforcement des patrouilles policières et militaires autour des campus et des cités universitaires, installation de systèmes d’éclairage public, et mise en place de dispositifs d’alerte rapide. L’opération Ndobo, souvent critiquée pour son manque de résultats tangibles, est plus que jamais sous surveillance. Les autorités pourront-elles enfin apporter des réponses à la hauteur de l’angoisse légitime de la communauté éducative et des habitants ?

L’annulation du sit-in ne signifie pas pour autant la fin du mouvement. L’APUKIN a maintenu la convocation de son assemblée générale extraordinaire. Les enseignants entendent peser de tout leur poids pour que cet assassinat ne reste pas un crime de plus dans les statistiques macabres de l’insécurité. La pression reste donc intacte sur le gouvernement. La balle est désormais dans le camp des autorités, sommées de traduire leurs promesses en actes pour restaurer un sentiment de sécurité minimal. L’heure est à l’action, car la prochaine victime pourrait être n’importe qui, dans n’importe quel quartier de Kinshasa.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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