Au moins vingt personnes ont perdu la vie et de nombreuses autres ont été grièvement blessées lors de violents combats ayant opposé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Cette recrudescence de la violence secoue la région, plongeant les populations civiles dans une terreur quotidienne. Les sources militaires et les témoignages locaux concordent pour décrire une situation sécuritaire extrêmement tendue, avec un bilan humain lourd incluant des militaires, des combattants ADF et des civils piégés dans les affrontements.
Ces affrontements Mambasa interviennent dans un contexte d’intensification manifeste des activités des groupes armés. Depuis une semaine, les assaillants ADF ont multiplié les attaques ciblées contre les positions des forces gouvernementales et les communautés avoisinantes, notamment aux alentours du village de Banju-Banju. La stratégie de guérilla, basée sur des embuscades surprises, démontre une capacité de nuisance persistante malgré les opérations militaires en cours. Cette insécurité Ituri chronique paralyse la vie socio-économique et alimente un cycle de violence dont les civils paient le plus lourd tribut.
La récente attaque Banju-Banju et celle survenue près de Kolo-Kolo, mercredi dernier, ont déjà fait une dizaine de morts. Vendredi, une nouvelle offensive a coûté la vie à cinq soldats des FARDC et six civils, laissant une dizaine de blessés dans son sillage. Ces épisodes sanglants illustrent la difficulté à contenir la menace. Les groupes ADF, pourchassés par les opérations conjointes FARDC-UPDF (armée ougandaise), semblent se disperser et se replier vers des zones plus reculées comme Mont Hoyo, Mungamba et Idohu, dans le territoire voisin d’Irumu.
Cette mobilité inquiétante permet aux combattants en fuite d’étendre leur emprise. Des rapports fiables font état de l’imposition de taxes illégales aux agriculteurs locaux, une méthode de financement et d’intimidation bien rodée. La Route Nationale 4 (RN4), artère vitale pour les échanges, devient un couloir de psychose où circuler rime avec danger. Comment les autorités comptent-elles rétablir la libre circulation sur cet axe stratégique ? La question reste en suspens, alors que la peur s’est installée durablement.
Disséminés dans l’étendue de la chefferie de Babila Bakwanza, à environ 100 kilomètres de Bunia, les éléments ADF parviennent, pour l’instant, à échapper à une vaste traque lancée il y a près d’un mois. Cette capacité d’évitement pose la question de l’efficacité des dispositifs de renseignement et de la couverture territoriale des forces de sécurité. Le FARDC ADF combat semble se transformer en une guerre d’usure, éprouvante pour les troupes gouvernementales et dévastatrice pour les communautés.
Face à cette situation qui risque de se dégrader davantage, la société civile et les autorités coutumières lancent un appel pressant. Elles demandent une relance immédiate et vigoureuse des opérations militaires dans la partie ouest du territoire d’Irumu. L’objectif est clair : empêcher la réorganisation et le regroupement des combattants ADF dans ces zones forestières qui leur servent de sanctuaire. Tout retard pourrait permettre à l’adversaire de consolider ses positions et de planifier de nouvelles offensives, plus meurtrières.
L’attente d’une réaction officielle et détaillée des autorités militaires provinciales et nationales se fait sentir. Les populations, meurtries et anxieuses, réclament non seulement des actions concrètes sur le terrain mais aussi une communication transparente sur la stratégie adoptée pour éradiquer cette menace. La coordination entre les différents échelons de commandement et avec les partenaires régionaux reste un impératif pour venir à bout de cette insurrection.
La persistance des activités des ADF Ituri rappelle cruellement la complexité du paysage sécuritaire dans l’est de la RDC. Au-delà des opérations militaires, une approche holistique intégrant le renforcement de l’administration étatique, le développement socio-économique et la justice transitionnelle s’avère indispensable pour tarir les sources de recrutement et offrir une paix durable aux populations de l’Ituri. Le temps presse, et chaque jour perdu aggrave le sentiment d’abandon chez des civils pris entre deux feux.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
