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Dialogue en RDC : Tshisekedi dit oui, mais conditionne tout à la fin de l’agression rwandaise

Dans un contexte politique congolais marqué par des tensions persistantes, le gouvernement a confirmé ce vendredi 9 janvier 2026 l’ouverture conditionnelle du président Félix Tshisekedi à un dialogue politique. Par la voix de son ministre de la Communication et porte-parole, Patrick Muyaya, l’exécutif a levé un coin du voile sur une possible sortie de crise, tout en y apposant des garde-fous significatifs et en recentrant le débat sur l’urgence sécuritaire à l’Est.

La déclaration, publiée sur le réseau social X par Patrick Muyaya, constitue la première reconnaissance officielle d’un accord de principe du chef de l’État. « Le Président a déjà donné son accord de principe. Une feuille de route existe et a été discutée avec toutes les parties concernées », a affirmé le ministre. Cette feuille de route, élaborée en concertation avec la Présidence et les instances religieuses – l’Église du Christ au Congo (ECC), la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et les églises de réveil –, semble donc techniquement prête. Toutefois, l’annonce est aussitôt tempérée par une mise en garde stratégique concernant le calendrier.

Le porte-parole du gouvernement a en effet insisté sur la question cruciale du « séquençage ». Deux processus diplomatiques sont présentés comme prioritaires : les discussions avec le Rwanda à Washington et les pourparlers sur le M23 à Doha. « L’objectif est de ne pas interférer avec ces démarches diplomatiques », a précisé Patrick Muyaya. Cette hiérarchisation des agendas n’est pas anodine ; elle place la résolution de la crise sécuritaire Est Congo, directement imputée à Kigali, comme un préalable sine qua non à tout apaisement politique interne. Le gouvernement envoie un message clair : la souveraineté nationale prime sur les divergences partisanes.

Dans une argumentation qui mêle fermeté et questionnement rhétorique, Patrick Muyaya a catégoriquement nié l’existence d’une crise de légitimité, un argument souvent avancé par l’opposition. « Il n’y a pas de crise de légitimité. La crise que nous traversons est avant tout sécuritaire, liée à l’agression rwandaise dans l’Est du pays », a-t-il martelé. Cette affirmation résonne comme une réponse directe aux détracteurs du pouvoir et cadre le narratif officiel : l’ennemi est extérieur. Le ministre a ensuite poussé la logique plus loin en lançant une interrogation cinglante : « Peut-on vraiment penser qu’un dialogue politique mettra fin aux activités du Rwanda sur notre territoire ? » Cette question, d’une ironie mordante, vise à discréditer l’idée qu’un règlement des querelles politiques internes suffirait à tarir la source de l’instabilité.

Cette position se double d’une condition non-négociable sur le lieu des éventuels pourparlers. « Le dialogue se tiendra ici, en RDC. Pas ailleurs », a conclu le porte-parole. Cette exigence de territorialité, couplée à l’appel à dénoncer « l’occupation d’une partie du territoire national », sert de ligne rouge et de test de loyauté pour d’éventuels participants. Félix Tshisekedi et son gouvernement jouent donc une partition complexe : ils affichent une ouverture tactique au dialogue politique RDC pour désamorcer les critiques, tout en subordonnant sa tenue à des succès diplomatiques incertains face au Rwanda et en recentrant incessamment le débat sur l’agression étrangère.

Cette stratégie place l’opposition et la société civile dans une impasse. Accepter ce cadre, c’est valider la primauté du discours sécuritaire du gouvernement et reporter sine die des discussions sur des enjeux de gouvernance interne. Le rejeter, c’est s’exposer à l’accusation de faire le jeu de Kigali en divisant le front national. L’accord de principe de Félix Tshisekedi apparaît ainsi moins comme une main tendue que comme un habile coup politique, reportant la charge de la preuve sur ses adversaires. Les prochains enjeux se situeront donc à Washington et Doha. Le succès ou l’échec de ces dialogues externes déterminera si la feuille de route pour un dialogue interne, aujourd’hui soigneusement rangée dans un tiroir, en sortira un jour.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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