Comment expliquer qu’au cœur de la nation, ceux qui forment les esprits des générations futures soient contraints de travailler sans rémunération régulière ? La question du paiement des enseignants en RDC est une plaie ouverte qui mine le système éducatif depuis des années. Cette semaine, une lueur d’espoir semble poindre à l’horizon. En effet, le gouvernement a finalement décidé de passer à l’action face à cette crise salariale des enseignants persistante, jugée « préoccupante » au plus haut niveau de l’État.
Ce jeudi 8 janvier 2026, une réunion de haut niveau a réuni la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, et le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde. L’objectif ? Évaluer une situation devenue intenable pour des milliers de professeurs à travers le pays. Le résultat de ces échanges est sans appel : des instructions fermes ont été transmises aux opérateurs de paie pour assurer sans délai le versement des salaires. Mais cette annonce suffira-t-elle à restaurer une confiance érodée par des années de promesses non tenues ?
L’engagement le plus concret réside dans la promesse de procéder, dès la semaine prochaine, au paiement en urgence des arriérés de salaires accumulés sur plusieurs années. Un soulagement potentiel pour de nombreux enseignants qui survivent dans des conditions précaires. « Nous avons également exigé des opérateurs un calendrier clair et détaillé pour la prise en charge effective de tous les enseignants encore non rémunérés », a-t-on indiqué du côté des ministères concernés. Cette exigence de transparence est cruciale pour sortir de l’opacité qui a souvent entouré la gestion de ce dossier.
Cependant, le chemin vers une résolution complète est semé d’embûches. Les structures de paie IFOD et Afriland, associées aux discussions, n’ont pas caché les contraintes financières qui freinent la régularisation intégrale du dossier. Ces difficultés techniques et budgétaires expliquent en partie la lenteur et les retards accumulés. Face à ce constat, le gouvernement a pris une décision forte : l’État interviendra directement pour apporter une solution définitive et durable. Cette volonté politique affichée marque-t-elle un tournant réel ?
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la dynamique impulsée par la Première ministre, Judith Suminwa. Récemment, sur son instruction, le vice-Premier ministre en charge de la fonction publique, Jean-Pierre Lihau, avait convoqué une réunion pour accélérer la réponse gouvernementale. La crise des arriérés de salaires des enseignants au Congo est donc désormais traitée comme une priorité nationale. « Le gouvernement assure suivre ce dossier de près et réaffirme sa volonté de rétablir la confiance des enseignants », peut-on lire dans le communiqué officiel.
Mais au-delà des annonces, quel sera l’impact concret sur le terrain ? Les salles de classe congolaises peuvent-elles enfin espérer une sérénité retrouvée ? Le rôle des enseignants est central dans la construction de la nation et l’édification d’un avenir meilleur. Leur précarité financière a des répercussions directes sur la qualité de l’enseignement et l’avenir de millions d’élèves. L’action du gouvernement Suminwa sur l’éducation est donc scrutée à la loupe. La prochaine semaine sera décisive : les premiers virements effectués seront le seul vrai indicateur de la sincérité de ces engagements.
En définitive, la résolution de la crise salariale des enseignants dépasse la simple question budgétaire. Elle touche à la justice sociale, à la dignité d’une profession noble et à l’avenir même du pays. L’intervention directe de l’État annoncée est un signal positif, mais elle devra être suivie d’effets tangibles et pérennes. La communauté éducative, tout en restant vigilante, espère que cette fois-ci, les paroles seront suivies d’actes. L’éducation, pilier du développement, ne peut plus attendre.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: mediacongo.net
