Dans l’effervescence des stades de la CAN 2025, parmi les cris des supporters et les frissons des matchs, une silhouette immobile a capté tous les regards. Vêtu d’un costume blanc, le visage grave et déterminé, Michel Kuka, performeur culturel, incarne la mémoire de Patrice Emery Lumumba. Cette présence silencieuse mais puissante a transcendé le sport pour devenir un symbole de résurgence culturelle et historique, interrogeant notre rapport aux héros fondateurs.
Loin des tribunes politiques, Michel Kuka, souvent qualifié de “Lumumba culturel”, a émergé comme une figure mémorielle contemporaine. Depuis 2013 à Kinshasa, il évoluait discrètement dans les milieux culturels et sportifs, presque incognito. Mais c’est lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 que sa performance a pris une dimension internationale. Debout pendant plus de deux heures à chaque match des Léopards, il a rappelé le monument de Lumumba à l’Échangeur de Limete, suscitant admiration et curiosité. Son immobilité éloquente parlait plus fort que les slogans, faisant de lui un pont entre le passé glorieux et le présent vibrant.
La force de son art performatif a retenu l’attention des médias sportifs internationaux, des supporters africains et même des dirigeants comme Patrice Motsepe, président de la CAF. Michel Kuka n’est pas qu’un simple spectateur ; il est devenu l’incarnation visuelle d’un héritage national. Son patriotisme actif fédère les générations, ravivant la mémoire de Lumumba, premier Premier ministre et héros national, dont le combat pour l’indépendance et la dignité africaine résonne encore. Comment ne pas voir dans cette performance une réappropriation symbolique de l’histoire par l’art ?
Selon des sources proches du Palais de la Nation, une audience avec le président Félix Tshisekedi est envisagée. Parmi les options évoquées, l’octroi d’un passeport diplomatique à Michel Kuka, en reconnaissance de son rôle potentiel d’ambassadeur culturel et touristique de la RDC. Cette démarche soulignerait l’importance de la culture dans la diplomatie et le nation branding, transformant un performeur en envoyé officiel du soft power congolais. Le passeport diplomatique RDC deviendrait alors bien plus qu’un document ; il serait la consécration d’une contribution à l’image nationale.
Me Glody Muabila, avocat et expert en propriété intellectuelle, plaide pour un encadrement institutionnel de Michel Kuka. Il estime que l’attribution d’un passeport diplomatique serait un signal fort à la jeunesse congolaise, montrant qu’il est possible de rayonner par des valeurs positives. “Michel Kuka a permis au monde de découvrir notre Héros national Patrice Lumumba et, à travers lui, la République Démocratique du Congo. C’est un coup de marketing stratégique et de communication internationale”, affirme-t-il. Cette perspective résonne comme un appel à valoriser les modèles culturels qui inspirent sans diviser.
À travers cette performance, la RDC démontre comment la culture, l’histoire et le sport peuvent fusionner pour créer un soft power congolais puissant. Les couleurs du drapeau, rouge, bleu et jaune, se sont gravées dans l’inconscient collectif des amoureux du football. Michel Kuka, en tant que Lumumba culturel, incarne cette capacité à influencer et à repositionner l’image nationale sur la scène mondiale. Le soft power congolais, souvent sous-estimé, trouve ici une expression artistique et émotionnelle qui touche les cœurs avant les esprits.
La possible attribution d’un passeport diplomatique à Michel Kuka après la CAN 2025 ouvre des perspectives inédites. Elle reconnaît l’artiste comme un acteur légitime de la diplomatie culturelle, où le patrimoine historique devient un vecteur d’unité et de fierté. Dans un monde où l’image des nations se construit aussi par des récits symboliques, la RDC saisit ici l’opportunité d’écrire le sien avec poésie et force. Michel Kuka, du stade au palais, symbolise cette renaissance où la mémoire, portée par le geste artistique, devient ambassadrice d’une nation en mouvement.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Eventsrdc
