Une lueur d’espoir se dessine dans le territoire d’Irumu, en province de l’Ituri. Plus de sept habitants sur dix ayant fui les violences il y a plusieurs mois sont en train de regagner leurs villages d’origine. Ce mouvement de retour massif s’observe le long de l’axe stratégique Komanda-Luna, sur la Route nationale 4, après une période de terreur et d’exil forcé.
La dernière vague de rapatriement, intervenue ce mardi 6 janvier, a vu des centaines de personnes arriver dans les localités de Ndalya et Otmaber. Ces retours s’effectuent principalement en provenance des zones d’Eringeti, Oicha, Beni et Butembo, situées dans la province voisine du Nord-Kivu. Ce flux continu vers la chefferie de Walese Vonkutu symbolise un renversement de tendance significatif dans une région longtemps martyrisée.
Quelle est la cause de ce revirement ? Pour les observateurs et activistes locaux des droits humains, cette dynamique positive est directement attribuable à l’accalmie sécuritaire récemment observée sur le terrain. Cette stabilisation relative est le fruit des opérations militaires conjointes menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’Armée de l’Ouganda (UPDF) contre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
La réouverture de la RN4, préalablement réhabilitée, constitue un autre facteur déterminant ayant encouragé ce mouvement de population. Combinée à des patrouilles sécuritaires renforcées le long de cet axe vital, elle offre un corridor relativement sûr pour les déplacés désireux de retrouver leurs foyers. « Les gens reviennent par motos ou véhicules. La réouverture de la RN4 et cette accalmie facilitent leur retour, avec un dispositif sécuritaire amélioré », confirme Christophe Munyanderu, un activiste en mission de monitoring sur place. Ce témoignage corrobore les observations faites par plusieurs structures de la société civile engagées dans le suivi de la situation humanitaire et sécuritaire en Ituri.
Le retour des populations sur leurs terres ancestrales n’est pas qu’un simple déplacement géographique. Il représente un pas crucial vers la restauration d’une vie normale et le renforcement de la résilience communautaire. En regagnant leurs villages, les habitants peuvent enfin accéder de nouveau à leurs champs et à leurs moyens de subsistance, brisant ainsi le cycle de la dépendance à l’aide humanitaire. Cette reprise des activités agropastorales est essentielle pour assurer la sécurité alimentaire et relancer l’économie locale, profondément affectée par des mois de conflit et d’insécurité.
Les opérations conjointes FARDC-UPDF, souvent critiquées pour leur complexité, sont ici saluées pour leur rôle dans la pacification de cette portion du territoire. La pression militaire exercée sur les groupes armés, notamment les ADF, aurait contraint ces derniers à réduire leurs attaques directes contre les civils le long de la RN4, permettant cette fenêtre de stabilité. Cependant, la prudence reste de mise, car la menace n’est pas totalement éradiquée et la situation peut rester volatile.
Ce retour massif pose également d’immenses défis logistiques et humanitaires. Les villages de retour doivent être reconstruits, les infrastructures de base restaurées et les services sociaux de base rétablis. La communauté internationale et les organisations humanitaires sont appelées à accompagner ce processus pour consolider les acquis sécuritaires et éviter un nouveau déplacement en cas de regain de tension. La durabilité de cette accalmie sécuritaire en Ituri sera le véritable test de l’efficacité des stratégies mises en œuvre.
En définitive, le retour de plus de 70% des déplacés dans la chefferie de Walese Vonkutu est un signal fort. Il démontre que la combinaison d’actions militaires ciblées et d’initiatives de relance des infrastructures de transport peut créer un environnement propice au retour volontaire des populations. L’enjeu désormais est de transformer cette accalmie en une paix durable, permettant aux habitants de l’Ituri de tourner définitivement la page des attaques des ADF et de reconstruire leur avenir sur la RN4 et au-delà.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
