Une onde de choc traverse les rédactions de Kinshasa à Kananga ce mercredi 7 janvier 2026. La nouvelle, sèche et brutale, est tombée en milieu de journée : Médard Mbuyal, l’une des voix et des plumes les plus respectées de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), n’est plus. Parti suite à un malaise dans sa ville de Kananga, au Kasaï-Central, il emporte avec lui un pan entier du journalisme d’investigation et de réflexion en République Démocratique du Congo. Comment un seul homme pouvait-il incarner à ce point la rigueur et la passion du métier ?
Dans les couloirs feutrés de la RTNC, le silence est éloquent. Les collègues du défunt, les yeux rougis, évoquent un vide soudain, une place laissée vacante sur le plateau et dans les salles de rédaction. Médard Mbuyal n’était pas qu’un simple présentateur ou reporter. Il était un bâtisseur de récits, un analyste acéré dont les chroniques décortiquaient l’actualité complexe du pays avec une clarté déconcertante. Sa disparition pose une question lancinante : qui portera désormais ce flambeau de l’exigence journalistique dans un paysage médiatique souvent tumultueux ?
Homme de terrain dans l’âme, Mbuyal ne se contentait pas des conforts de la rédaction centrale. En 2023, il avait entrepris un long et périlleux reportage entre les deux Kasaï et le Haut-Katanga pour le compte du BCECO. Un confrère, Pathy Nkieri, se souvient d’un voyageur infatigable, « toujours un bouquin en main, un chercheur, pondéré face aux situations difficiles ». Cette image du journaliste-lecteur, calme au milieu des tempêtes, résume bien l’homme. Dans un métier où la précipitation guette, sa pondération était une arme, et sa culture, une boussole. Quel héritage laisse-t-il à la jeune génération de journalistes congolais qui doivent naviguer entre désinformation et pressions diverses ?
Au-delà du professionnel, c’est l’homme aux valeurs humaines reconnues que pleurent aujourd’hui ses pairs. Disponible, à l’écoute, il incarnait une certaine idée du collegiality, loin des egos surdimensionnés. Son décès à Kananga, loin des feux de la capitale, résonne comme un symbole : celui d’un journaliste ancré dans son territoire, qui n’avait pas coupé le lien avec ses racines. Cette tragédie souligne aussi la vulnérabilité des acteurs essentiels de notre démocratie, souvent loin des centres de soins spécialisés. La mort d’un journaliste congolais de cette envergure doit-elle nous alerter sur la condition de ceux qui informent la nation ?
La nécrologie du journaliste RDC Médard Mbuyal dépasse le simple faire-part. Elle dresse le portrait d’un métier essentiel, souvent malmené. Son parcours à la RTNC démontre qu’un journalisme de qualité, fondé sur l’analyse et l’enquête, est possible et nécessaire. En ces moments de deuil, la grande famille des médias congolais se recueille, orpheline d’une de ses consciences. Le travail de Médard Mbuyal, ses dossiers, sa voix, restent. Ils constituent un patrimoine intangible et un standard d’excellence auquel se référer. Alors que les condoléances affluent pour la famille et la RTNC, une certitude demeure : l’empreinte de ce journaliste RTNC décédé sur le paysage médiatique congolais est indélébile. Son exigence silencieuse continue, aujourd’hui, de nous interpeller tous.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Eventsrdc
