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Samuel Mbemba lance une médiation pour les droits des travailleurs : une lueur d’espoir à Kinshasa ?

Ce mardi 6 janvier, le cabinet du ministre des Droits Humains, situé dans l’effervescente commune de la Gombe à Kinshasa, a vibré d’une effervescence différente de l’habituel ballet administratif. Des ouvriers, vêtus de leurs habits de travail parfois usés par le temps, patientaient dans la cour. Ils étaient venus répondre à l’appel de Samuel Mbemba, le ministre qui se pose désormais en « avocat de toute la classe ouvrière de la RDC ». Pour ces femmes et ces hommes, cette journée marquait peut-être le début d’une nouvelle ère dans la défense de leurs droits fondamentaux au travail.

« Nous avons enfin une oreille qui semble vouloir nous écouter », confie l’un d’eux, préférant garder l’anonymat par crainte de représailles. Comme lui, de nombreux employés ont saisi cette première séance de lancement pour exposer, directement au ministre, des situations souvent inextricables : salaires impayés depuis des mois, conditions de travail déplorables, licenciements abusifs. Leurs récits, teintés d’une lassitude profonde, ont trouvé un écho dans le bureau de Samuel Mbemba. Cette initiative de médiation droits humains RDC sonne-t-elle comme le premier pas vers une justice sociale plus accessible pour les travailleurs congolais ?

Face à la presse, le ministre a tenu à clarifier le périmètre de son action. D’un ton ferme mais mesuré, Samuel Mbemba a assuré que cette démarche « ne viole en aucun cas la loi » et ne vient pas « piétiner les attributions des autres ministères et institutions du pays ». Une précision essentielle dans le paysage institutionnel souvent complexe de la RDC. Il a insisté sur le fait que ce travail de médiation ne se substitue pas aux cours et tribunaux, ni aux procédures administratives prévues par la loi. Alors, quelle est sa réelle valeur ajoutée ?

« Il s’agit d’une porte d’entrée alternative, plus rapide et moins formelle, pour régler les conflits du travail », explique-t-on dans l’entourage du ministre Droits Humains Kinshasa. Le fondement juridique de cette action repose sur l’Ordonnance n°25/293 du 15 décembre dernier, qui fixe les attributions des ministères. En se positionnant comme médiateur, Samuel Mbemba espère désengorger les voies judiciaires classiques et offrir une solution concrète et immédiate à des litiges qui peuvent ruiner la vie de familles entières. Cette volonté avait d’ailleurs été exprimée en décembre, lorsque le ministre avait publiquement recommandé aux employeurs de payer à temps leurs ouvriers pour les fêtes de fin d’année.

La présence de la vice-présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Joëlle Kona, lors de cette séance de lancement, n’est pas anodine. Elle apporte une forme de légitimité institutionnelle à cette entreprise. La CNDH médiation droits employés semble donc trouver un terrain d’entente avec le ministère. Cette collaboration pourrait être la clé pour garantir une procédure équitable et respectueuse des principes des droits de l’homme. Mais sur le terrain, la méfiance reste de mise. Certains syndicalistes s’interrogent : cette médiation aura-t-elle un réel pouvoir de contrainte sur les employeurs récalcitrants, souvent puissants ? Ne risque-t-elle pas de créer une justice parallèle, moins exigeante ?

L’initiative de Samuel Mbemba médiation employés s’inscrit dans un contexte social tendu, où la précarité de l’emploi est une réalité quotidienne pour des milliers de Congolais. En se posant en protecteur des droits fondamentaux travailleurs Congo, le ministre touche à une corde sensible de la société. Les remerciements chaleureux des premiers ouvriers reçus, pour qui cette démarche est « un ouf de soulagement », montrent l’ampleur du besoin. Cependant, le vrai test sera dans la durée et dans les résultats concrets. Combien de conflits seront résolus ? Les recommandations du médiateur seront-elles suivies d’effets ?

Au-delà de la simple résolution de litiges, cette cellule de médiation pose une question plus large : celle de l’accès à la justice pour les plus vulnérables. Dans un pays où les procédures peuvent être longues, coûteuses et décourageantes, offrir un espace de dialogue gratuit et officiel est une innovation sociale majeure. Elle redonne un peu de pouvoir de négociation à celui qui, trop souvent, n’en a aucun : le travailleur. L’enjeu sociétal est de taille. Il s’agit ni plus ni moins de réinjecter de la dignité dans le rapport de force entre employeur et employé, et de faire des droits humains une réalité tangible sur les lieux de travail, des grands bureaux de la Gombe aux ateliers informels des quartiers populaires. Le chemin sera long, mais le premier pas, symboliquement fort, est désormais franchi.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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