Alors que les échos des festivités de fin d’année s’estompent à peine, les salles de classe de Kinshasa reprennent vie. Ce mardi 6 janvier, une visite d’inspection menée par l’inspecteur général à l’Éducation nationale, Hubert Kombaza, dans les établissements de la commune de Kintambo, a dressé un premier bilan de cette reprise. Mais au-delà de la simple reprise des cours, que révèle cette rentrée sur l’état de notre système éducatif ?
Le Complexe scolaire Nyota et le Collège catholique Alingba ont ouvert leurs portes à l’autorité éducative. Pour Hubert Kombaza, le constat est positif : la rentrée classes Kinshasa se déroule dans de bonnes conditions après la trêve des fêtes. « Nous notons avec satisfaction que les enseignants et les élèves ont répondu présent », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’un démarrage effectif pour ne pas perdre le précieux temps d’apprentissage. Cette ronde de l’inspecteur général éducation nationale n’est pas qu’une formalité ; elle vise à s’assurer que le cadre nécessaire à une éducation de qualité est bien en place.
Un élément a particulièrement marqué l’inspecteur général : l’intériorisation du serment du citoyen par les élèves. « Je suis ému de voir que les jeunes ont fait leur ce serment », a confié Hubert Kombaza. Cette démarche, qui peut paraître symbolique, est pour lui la preuve tangible que le pays est en train de former une génération respectueuse de la chose publique. Le serment citoyen élèves devient ainsi un pilier fondamental de l’éducation à la citoyenneté. Ne s’agit-il pas là d’une condition essentielle pour construire une nation forte et unie ?
Cependant, l’heure est aussi aux défis immédiats. L’inspecteur général a adressé un message cinglant aux candidats finalistes qui se préparent à l’examen d’état RDC. Il les a exhortés à une préparation assidue et rigoureuse, mettant en garde contre les « antivaleurs » qui minent l’intégrité des épreuves. Le mot est lâché : la corruption écoles est dans le collimateur. « Évitez la corruption et toute autre pratique déloyale », a-t-il insisté, rappelant que la valeur d’un diplôme se mesure à la méritocratie.
Le discours s’est fait encore plus direct envers les enseignants. Hubert Kombaza a encouragé les élèves à briser l’omerta et à dénoncer sans crainte tout enseignant qui tenterait de monnayer des notes ou des favours. « Ces corrupteurs doivent être traduits en justice », a-t-il affirmé, envoyant un signal fort quant à la volonté des autorités de nettoyer le secteur. Cette position ferme interroge : jusqu’où la lutte contre ces pratiques endémiques peut-elle réellement aller sans une réforme structurelle plus profonde ?
La visite dans ces écoles de Kintambo sert de microcosme. Elle montre que si la machine éducative redémarre, les enjeux restent immenses. Entre la nécessité de maintenir un calendrier scolaire stable, d’inculquer des valeurs citoyennes et de garantir l’équité des examens nationaux, le chemin est semé d’embûches. Les paroles de l’inspecteur général résonnent comme un appel à la responsabilité collective. Parents, enseignants et élèves ont tous un rôle à jouer pour que cette rentrée ne soit pas qu’un simple retour sur les bancs, mais le début d’une année axée sur l’excellence et l’intégrité.
À l’aube de cette nouvelle année scolaire, la question de la crédibilité de l’examen d’état RDC demeure cruciale. Les efforts pour éradiquer la corruption écoles seront-ils suffisants pour restaurer la confiance ? L’engagement des élèves dans le serment citoyen élèves présage-t-il d’un changement de mentalité durable ? Les prochaines semaines, jusqu’aux épreuves nationales, seront déterminantes. L’éducation en RDC, pilier du développement, se joue aussi dans ces salles de classe de Kinshasa où, aujourd’hui, un inspecteur a choisi de tendre à la fois un encouragement et un avertissement.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
