Alors que la nouvelle année débute à peine, une initiative du Service national vient apporter une lueur d’espoir dans le quotidien souvent précaire des étudiants congolais. Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo, commandant du Service national, a officiellement remis 21 000 sacs de semoule de maïs à six institutions de la capitale. Cette action, présentée comme un vœu du Président de la République, vise-t-elle véritablement à améliorer les conditions études Kinshasa ou n’est-elle qu’un geste ponctuel ?
Lors de la cérémonie de samedi 3 janvier, le représentant du pouvoir a souligné la « communion » recherchée par le chef de l’État avec le monde académique. « La préoccupation du Président de la République étant l’amélioration des conditions d’études des apprenants et auditeurs dans notre pays », a déclaré le lieutenant-général Kasongo. Cette aide alimentaire universités cible spécifiquement l’Université de Kinshasa (UNIKIN), l’Université pédagogique nationale (UPN), l’Institut supérieur pédagogique (ISP) de la Gombe et l’Institut supérieur des techniques appliquées.
Mais cette distribution à Kinshasa fait suite à une opération similaire dans le Haut-Katanga. En effet, quelques jours plus tôt, le vendredi 26 décembre, les étudiants de l’Université de Lubumbashi (UNILU) et de l’ISP/Lubumbashi avaient déjà reçu 16 000 sacs de farine de maïs. Au total, ce sont donc 37 000 sacs de céréales qui ont été distribués par le Service national RDC en moins de dix jours. Cette synchronisation interpelle : s’agit-il d’une nouvelle politique publique structurée ou d’une réponse isolée à des tensions sociales latentes dans les cités universitaires ?
Pour de nombreux observateurs, cette distribution farine Lubumbashi et à Kinshasa répond à une urgence tangible. L’accès à une alimentation suffisante et abordable constitue l’un des premiers obstacles à la réussite académique pour une grande majorité d’étudiants. La semoule de maïs étudiants devient alors bien plus qu’un simple produit de base ; elle symbolise un soutien direct à la capacité des jeunes à se consacrer pleinement à leurs études, sans le stress permanent de la faim.
Le lieutenant-général Kasongo a profité de son allocution pour évoquer une vision plus large. « Avec l’avènement de Félix Antoine Tshisekedi, les résidences estudiantines sont en train d’être réfectionnées et les sites universitaires de devenir vivables. Il n’est pas exclu que demain les restaurants universitaires deviennent une réalité », a-t-il assuré. Ces promesses résonnent comme un programme à long terme, mais elles soulèvent aussi des attentes considérables. Les étudiants, souvent logés dans des infrastructures délabrées, attendent des actes concrets et durables.
Cette action du Service national, habituellement associé à des missions de défense et de service civique, marque-t-elle un tournant dans son rôle au sein de la société ? Son implication dans le soutien logistique aux universités ouvre la porte à une réflexion sur ses missions civiles. Peut-on imaginer que cette institution devienne un pilier régulier du soutien aux politiques sociales et éducatives du gouvernement ?
Reste la question de l’impact réel. Une distribution de semoule de maïs étudiants, aussi massive soit-elle, ne règle pas les problèmes structurels du système d’enseignement supérieur. Les défis restent immenses : infrastructures vétustes, manque chronique de bourses, surpopulation dans les amphithéâtres. L’aide alimentaire universités est une bouffée d’oxygène nécessaire, mais elle ne doit pas masquer l’urgence d’un plan global de revitalisation du secteur.
Les bénéficiaires, contactés de manière informelle, expriment un soulagement mêlé de prudence. « C’est une bonne chose, surtout en cette période. Cela va aider beaucoup de familles. Mais nous espérons que ce n’est pas juste pour les fêtes et que cela s’inscrit dans quelque chose de plus permanent », confie un délégué étudiant sous couvert d’anonymat. Ce sentiment résume bien l’enjeu : transformer un geste humanitaire ponctuel en une politique publique pérenne et efficace pour améliorer durablement les conditions études Kinshasa et dans tout le pays.
Alors que les sacs sont distribués, l’attention se porte désormais sur la suite. Le gouvernement parviendra-t-il à concrétiser ses promesses de rénovation et de création de restaurants universitaires ? L’action du Service national RDC en matière de distribution farine Lubumbashi et ailleurs sera-t-elle réitérée et étendue ? La réponse à ces questions déterminera si cette initiative restera dans les mémoires comme un simple événement ou comme le point de départ d’un véritable changement pour la jeunesse estudiantine congolaise, première concernée par l’avenir du pays.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
