Un drame sécuritaire a ensanglanté le territoire d’Ilebo, en province du Kasaï. Le commandant Djuma, officier du sous-commissariat de police de Mapangu, a été battu à mort par des jeunes du camp Lumbundi dans la journée du jeudi 1er janvier. La violence de l’incident a immédiatement provoqué un vif émoi et une intervention des forces de l’ordre, plongeant la localité dans un climat de peur et de tension.
Selon les informations recueillies, l’origine de cette tragédie remonterait à l’arrestation d’une femme du camp. Le commandant Djuma est accusé d’avoir frappé cette dernière alors qu’elle était gardée en cellule. Cette allégation de violence policière au Kasaï aurait mis le feu aux poudres. En réaction, un groupe de jeunes, excédé, serait intervenu de manière extrêmement violente. Le commandant a été tabassé sur place, succombant à ses blessures. Ce meurtre d’un commandant de police marque un épisode critique dans les relations entre la population et les forces de l’ordre dans la région.
Alertées, les unités du commissariat de Mapangu, renforcées par des éléments du sous-commissariat de Masongo, se sont rapidement rendues sur les lieux du drame. Leur mission : sécuriser la zone, mener une première enquête et tenter de rétablir un calme précaire. Cependant, leur arrivée n’a pas eu l’effet apaisant escompté. La population du camp Lumbundi, craignant des représailles massives, s’est enfuie pour se réfugier dans la brousse avoisinante. Cet exode spontané illustre la défiance profonde et la crainte qui peuvent exister après un tel incident.
L’affaire Mapangu prend une tournure judiciaire alors que les autorités tentent de reprendre la main. À ce jour, le corps du commandant Djuma a été inhumé à Mapangu Centre. Par ailleurs, un premier suspect, présenté comme l’un des jeunes ayant participé au passage à tabac mortel, a été appréhendé et se trouverait entre les mains de la police. Les investigations se poursuivent pour identifier et interpeller les autres individus impliqués dans ce meurtre.
La société civile locale, par la voix de François Malepo, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile du territoire d’Ilebo, est immédiatement intervenue. Elle lance un appel pressant aux autorités judiciaires pour que des enquêtes approfondies et impartiales soient ouvertes. L’objectif est clair : que tous les auteurs de cet acte soient arrêtés et traduits en justice, afin que la vérité éclate et que la loi prévale. Cependant, cette même voix porte également une accusation grave à l’encontre des forces de l’ordre. François Malepo dénonce en effet des actes de pillage qui auraient été commis par certains éléments de la police lors de leur déploiement au camp Lumbundi. Cette double accusation – violence initiale présumée d’un officier puis comportements répréhensibles lors de l’intervention – complexifie singulièrement le dossier et nourrit le cycle de la méfiance.
Comment un incident localisé a-t-il pu dégénérer en une telle extrémité ? L’incident d’Ilebo pose des questions cruciales sur les méthodes de certains agents de la force publique et sur les limites de la colère populaire. La violence, qu’elle émane d’une autorité ou d’une foule, ne peut être une réponse. Cette affaire met en lumière les fractures et les tensions latentes qui peuvent exister dans certaines communautés, où un événement perçu comme une injustice peut servir de détonateur à une explosion de rage incontrôlable.
Les efforts de la rédaction de Congo Quotidien pour obtenir la version officielle du commandant du commissariat de Mapangu sont restés vains à ce stade. Ce silence des autorités policières concernées ajoute à l’opacité entourant les circonstances exactes du drame. La population attend des réponses et des actes. La balle est désormais dans le camp de la justice. L’enquête devra établir les responsabilités de chacun, depuis les causes de l’arrestation de la femme jusqu’aux coups mortels portés au commandant, sans oublier les allégations de pillage. Le rétablissement de la confiance dans cette partie du Kasaï passe par une transparence totale et une application stricte du droit.
Cet événement tragique sert de rappel brutal : la sécurité et la dignité des citoyens, tout comme l’intégrité des forces de l’ordre, sont des piliers non négociables. La résolution de l’affaire Mapangu sera un test pour les institutions judiciaires et policières de la province. L’exigence de justice est universelle, et toute la région a les yeux tournés vers les prochains développements de cette enquête sensible.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
