Une matinée de début d’année teintée d’horreur. Ce vendredi 2 janvier 2026, les habitants d’Ariwara, dans le territoire d’Aru, se sont réveillés avec la macabre découverte de deux corps sans vie au cœur de leur centre-ville. Loin de l’euphorie des festivités, c’est un lourd silence qui plane désormais sur cette localité de l’Ituri, située à plus de 200 kilomètres de Bunia. « On ne s’attendait pas à ça en cette période de fête. C’est un choc pour toute la communauté », confie, la voix tremblante, un commerçant qui a requis l’anonymat. Comment en est-on arrivé là ? Deux vies fauchées, deux drames aux causes distinctes mais qui interrogent profondément la société congolaise.
La première victime, un homme non identifié, a été victime de la colère populaire. Accusé d’avoir dérobé des téléphones portables dans un bar de la place, il a été pris à partie par un groupe d’habitants. Les sources locales rapportent des actes de torture qui ont malheureusement conduit à sa mort. Ce lynchage d’un présumé voleur soulève des questions brûlantes sur le recours à la justice expéditive. Dans une région où la confiance envers les institutions peut être fragile, la population prend-elle trop souvent les choses en main ? Ce fait divers à Aru en 2026 n’est malheureusement pas un cas isolé et révèle une faille dans le système judiciaire local.
Le second drame est d’une nature différente mais tout aussi tragique. Un jeune homme a perdu la vie après avoir ingurgité une quantité massive de boissons fortement alcoolisées. Son décès est survenu quelques heures seulement après cette consommation, plongeant sa famille et ses proches dans une douleur incompréhensible. Ce cas met en lumière un fléau qui gangrène de nombreuses communautés : la consommation excessive d’alcool chez les jeunes. En pleine période de célébrations du Nouvel An, la frontière entre la fête et le danger semble s’être estompée. Jusqu’où va-t-on pour chercher l’évasion ?
Face à cette double tragédie, les autorités ont réagi. Jean-Robert Ndjalonga, coordonnateur provincial de la Protection civile en Ituri, a confirmé les informations et lancé un appel solennel. Il exhorte la population à cesser de se faire justice elle-même et à saisir les instances judiciaires compétentes en cas de vol, d’escroquerie ou de tout autre acte répréhensible. « La loi doit primer. Chaque vie est précieuse et nul n’a le droit de l’ôter, quel que soit le prétexte », a-t-il déclaré, rappelant les fondamentaux de l’État de droit. Son message est clair : la violence ne résout rien, elle ne fait qu’alimenter un cycle infernal.
Au-delà des constats, ces décès à Ariwara en Ituri invitent à une analyse collective. D’un côté, la précarité économique et le sentiment d’insécurité poussent parfois les citoyens à des actes désespérés, que ce soit le vol ou la vindicte populaire. De l’autre, le désœuvrement et le manque de perspectives pour la jeunesse peuvent conduire à des comportements à risque, comme l’alcoolisation massive. Ces deux facettes d’une même réalité sociale interpellent les dirigeants locaux et nationaux. Quelle politique de prévention mettre en place ? Comment renforcer la présence et l’efficacité de la justice dans les zones éloignées ?
La conclusion s’impose d’elle-même : ces drames sont le symptôme de maux plus profonds. Ils mettent en lumière l’urgence de renforcer le tissu social, d’éduquer aux dangers de l’alcool et de restaurer la confiance entre la population et ses institutions. La période des fêtes, synonyme de joie et de retrouvailles, ne doit pas se transformer en champ de tragédies évitables. La société congolaise dans son ensemble est appelée à une prise de conscience. Chaque vie perdue à Ariwara est un signal d’alarme qu’il ne faut plus ignorer. Le chemin vers la paix et la sécurité passe nécessairement par le respect de la dignité humaine et par un accès équitable à la justice pour tous.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
