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Kalemie : Plus de 2 000 déplacés du Nord-Kivu et Sud-Kivu survivent dans l’enfer du site de Katanika

« J’ai sept enfants. Ici, il n’y a rien. Pas de médicaments, pas de médecin. La fièvre nous emporte un à un. » La voix de cette mère, perdue parmi les milliers de tentes de fortune du site de Katanika, à Kalemie, résume le calvaire silencieux qui se joue dans la province du Tanganyika. Ils sont plus de deux mille âmes, chassées par les violences de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, à avoir trouvé refuge sur ce bout de terre boueux. Un refuge qui ressemble de plus en plus à un piège, où les conditions de vie précaires font de chaque jour une lutte pour la survie.

Imaginez-vous : une communauté entière, épuisée par des mois de fuite, confrontée à l’absence totale de structure médicale. La présidente du site le confirme, le visage grave : « Il n’existe aucune pharmacie, aucun dispensaire. Pour les plus de 11 000 personnes que nous estimons ici, une simple malaria peut devenir une sentence. » Le chiffre est glaçant et illustre une crise humanitaire dont l’ampleur dépasse les premières estimations. Les pluies incessantes transforment les abris en cloaques, aggravant les risques d’épidémies. Où est passée l’aide humanitaire pour ces déplacés de guerre ?

Le témoignage collectif qui émerge de Katanika est un récit unanime de déni. « Ceux qui parviennent à se traîner jusqu’à l’hôpital Kifungo se voient souvent opposer un refus, faute de moyens ou de prise en charge adaptée », déplore la responsable du site. L’accès aux soins pour les déplacés en RDC reste un défi colossal, souvent relégué au second plan. Comment une nation peut-elle laisser ses enfants, déjà meurtris par la guerre, succomber à des maladies pourtant traitables ? La question brûle les lèvres des observateurs.

La précarité est multidimensionnelle. Au manque criant de soins s’ajoutent les problèmes d’eau potable et de nourriture. Les distributions sont rares, sporadiques. Une organisation humanitaire est passée, offrant quelques bâches et un maigre pécule. Un geste, certes, mais une goutte d’eau dans un océan de besoins. Ces familles, installées depuis février dernier, survivent, mais ne vivent plus. Elles attendent. Attendent une aide qui tarde, attendent que les regards se tournent vers elles, vers cette urgence oubliée de Kalemie.

Les conditions de vie à Kalemie, pour ces milliers de déplacés, interrogent profondément notre conscience collective. Le site de Katanika est devenu le symbole d’une double peine : fuir l’horreur de la guerre pour atterrir dans l’indifférence d’une crise sanitaire et logistique. La réponse des autorités et de la communauté internationale semble jusqu’ici notoirement insuffisante face à l’ampleur des besoins. Cette situation met en lumière les failles béantes d’un système de prise encharge des personnes déplacées, souvent laissées à elles-mêmes une fois la frontière de la zone de conflit franchie.

La crise humanitaire qui se déroule à Katanika n’est pas une fatalité. Elle est le résultat d’un enchaînement de négligences et d’un manque de coordination criant. Les mots des femmes, des enfants et des hommes sur place sont un appel à l’action, un rappel à notre devoir fondamental de solidarité. Le Tanganyika, et la RDC dans son ensemble, peuvent-ils se permettre d’ignorer cette détresse ? L’urgence n’est plus seulement d’apporter des bâches, mais de construire un pont durable entre l’aide d’urgence et un retour à une vie digne pour ces milliers de congolais déracinés. Leur sort est un test pour notre humanité commune.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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