Dans une avancée significative de l’enquête sur l’assassinat du journaliste Thierry Banga Lole, le commissariat urbain de la Police nationale congolaise (PNC) à Bunia a procédé, jeudi 1er janvier 2026, à l’interpellation de deux des quatre individus soupçonnés d’être impliqués dans ce meurtre qui a secoué la communauté médiatique de l’Ituri. Les deux autres suspects, toujours en fuite, font l’objet de recherches actives de la part des services de sécurité, selon les déclarations du commandant urbain, le commissaire supérieur Abeli Mwangu Gérard.
Ce développement intervient après une période de trois jours de paralysie des activités de presse à Bunia, observée en signe de deuil et de protestation contre la violence qui a coûté la vie à un des leurs. Comment la justice congolaise peut-elle garantir la sécurité des professionnels des médias, piliers de la démocratie, dans une région marquée par des tensions persistantes ? Cette question demeure au cœur des préoccupations, alors que les enquêteurs tentent de reconstituer les circonstances précises du drame.
Le crime remonte à la nuit du 29 décembre 2025. Thierry Banga Lole, cameraman et journaliste à la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) de Bunia, a été la cible d’une attaque armée à son domicile, situé au quartier Hoho dans la commune de Mbunya. Grièvement blessé, il a été transféré d’urgence à l’hôpital Salama où il a malheureusement succombé à ses blessures. La brutalité de l’agression a immédiatement suscité l’indignation et placé les autorités sous une forte pression pour identifier et traduire en justice les responsables.
Lors d’un point de presse, le commissaire supérieur Abeli Mwangu Gérard a précisé que les deux individus actuellement en garde à vue avaient été appréhendés grâce à une collaboration entre différentes unités de la police. Les investigations, menées sous le sceau de la confidentialité requise pour ce type de procédure, se poursuivent sans relâche. Les motifs exacts de cet assassinat ne sont pas encore officiellement établis, laissant place à diverses spéculations quant à un possible lien avec le travail journalistique de la victime.
La police a lancé un appel solennel à la population, l’exhortant à fournir toute information utile pouvant conduire à la localisation et à l’arrestation des deux complices présumés toujours en cavale. Cette collaboration entre citoyens et forces de l’ordre est présentée comme un élément crucial pour boucler rapidement ce dossier et rendre une justice exemplaire. Une telle démarche est essentielle pour rétablir la confiance et dissiper le climat de peur qui pourrait s’installer parmi les défenseurs de l’information.
Les réactions au sein de la corporation des médias et des organisations de défense des droits humains ont été immédiates et unanimes. La condamnation de cet acte barbare a été totale, assortie d’exigences fortes pour une protection accrue des journalistes en exercice. L’assassinat de Thierry Banga Lole rappelle, en effet, les risques encourus par les reporters travaillant dans des zones sensibles de la République Démocratique du Congo, où la quête de vérité se heurte parfois à une violence inouïe.
Les prochaines étapes judiciaires seront déterminantes. Les deux suspects arrêtés devront être présentés devant un magistrat instructeur dans les délais légaux pour une éventuelle mise en examen. Le parquet général près la cour d’appel de Bunia est désormais saisi de l’affaire et devra superviser l’instruction. Les charges retenues contre eux, probablement liées à l’homicide volontaire et à l’usage d’armes, seront précisées au cours de cette phase. La diligence avec laquelle cette affaire sera traitée sera scrutée à la fois au niveau national et international.
Cet événement tragique met en lumière les défis persistants de la sécurité des journalistes en RDC et la nécessité impérieuse de renforcer les mécanismes de protection. L’efficacité de l’enquête en cours sur le meurtre du journaliste à Bunia servira de test pour les autorités judiciaires et policières congolaises. La résolution de ce crime est attendue comme un signal fort contre l’impunité et pour la défense de la liberté de la presse dans tout le pays.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
