Un double homicide perpétré par un agent des forces de l’ordre a plongé le territoire d’Ango, dans la province de la Tshopo, dans un profond émoi en ce premier jour de l’année. L’incident, survenu dans un établissement de divertissement, a entraîné la mort de deux civils, abattus par balles par un policier dans des circonstances qui restent à élucider pleinement. La gravité des faits a immédiatement suscité une vive réaction des autorités locales et de la société civile, exigeant que la lumière soit faite et que les responsables soient déférés devant la justice. Ce cas de violence policière Tshopo interroge une fois de plus sur les dérives au sein des corps habilités à user de la force.
Selon des témoignages concordants recueillis sur place, les événements se sont déroulés aux alentours de 20 heures, au cœur du centre commercial d’Ango, localité située à environ 500 kilomètres au nord de Kisangani. Alors que la population célébrait le passage à la nouvelle année, une altercation verbale éclata entre plusieurs individus dans un bistrot. La situation, bien que tendue, n’aurait pas justifié, selon les premiers éléments, l’intervention létale qui a suivi. Peu après le début de la dispute, une Jeep de la police fit son apparition de manière brusque. Deux éléments en descendent et somment la foule de se disperser. C’est alors que, de manière soudaine et inattendue, l’un des policiers aurait dégainé son arme de service et tiré à bout portant sur deux personnes, les tuant sur le coup.
L’administrateur du territoire intérimaire d’Ango, visiblement sous le choc, a fermement condamné cet acte. « Tirer sur la population avec des balles réelles, c’est ce que moi j’ai déploré », a-t-il déclaré, soulignant la disproportion de la réponse policière. Il a annoncé son intention de saisir le gouverneur de province par un rapport détaillé, dans lequel il demandera formellement l’arrestation des auteurs. « Si leur hiérarchie peut autoriser leur arrestation, ce sera une bonne chose parce que c’est le souhait même de la population pour que la paix règne ici », a-t-il ajouté, traduisant l’exigence de justice qui monte de la communauté. Cette demande rejoint celle du vice-président de l’assemblée provinciale de la Tshopo, élu de la circonscription d’Ango, Antoine Gambolipay, qui réclame que les deux policiers impliqués soient « appréhendés et traduits en justice pour répondre de leur forfait ».
Les suites immédiates de ce double meurtre nouvel an révèlent un imbroglio judiciaire et sécuritaire. D’après les informations fournies par l’autorité locale, l’un des deux policiers mis en cause serait actuellement en fuite, tandis que le second serait toujours présent dans le camp de la police situé sur place. Cette situation pose une question cruciale : comment se fait-il qu’un présumé auteur d’un crime aussi grave ne soit pas immédiatement placé en détention ? L’arrestation policier RDC dans ce contexte spécifique semble buter sur des logiques hiérarchiques ou procédurales incompréhensibles pour la population, alimentant un sentiment d’impunité. La société civile locale, qui a rapporté les faits avec précision, craint que ce drame ne soit le symptôme d’une banalisation de l’usage excessif de la force par certains éléments des services de sécurité.
L’incident Ango territoire n’est malheureusement pas un cas isolé dans la région, mais sa survenue en pleine période de festivités lui confère une résonance particulière et une brutalité symbolique accrue. Alors que les familles des victimes sont plongées dans le deuil, et que toute une communauté est traumatisée, les appels à une enquête indépendante et rapide se multiplient. Les procédures judiciaires devront déterminer si le recours à la force était justifié, ou s’il s’agit d’un homicide volontaire. Les prochaines heures seront décisives pour savoir si les autorités compétentes, tant au niveau provincial que national, donneront suite aux requêtes d’arrestation et engageront des poursuites. La crédibilité du système judiciaire congolais est en jeu dans sa capacité à traiter ce dossier avec célérité et impartialité.
En définitive, ce tragique événement met en lumière les défis persistants liés à la réforme du secteur de la sécurité en République Démocratique du Congo. Au-delà de la nécessaire condamnation et sanction des individus responsables, c’est toute une réflexion sur la formation, le contrôle et la déontologie des forces de l’ordre qui doit être relancée. Comment garantir que de tels drames ne se reproduisent plus ? La réponse à cette question rhétorique passera par une action conjuguée des institutions, de la société civile et d’une justice forte. Pour l’heure, les regards sont tournés vers Kisangani et Kinshasa, dans l’attente d’un signe fort montrant que l’État de droit prévaut, même dans les territoires les plus reculés.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
