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Embouteillages monstres à Matadi : la ville asphyxiée par un trafic hors de contrôle

Le soleil tape dur sur l’asphalte de l’avenue de la Libération. Jean-Claude, enseignant, regarde sa montre pour la énième fois, une goutte de sueur coulant le long de sa tempe. Il est coincé dans son taxi-bus depuis plus d’une heure et demie pour un trajet qui, en temps normal, n’en prendrait pas vingt. « Je vais encore rater le début des cours, mes élèves m’attendent », lâche-t-il, désespéré, le regard perdu dans un océan de tôles froissées et de klaxons impatients. Cette scène de cauchemar est devenue le quotidien de milliers de Matadiens. À Matadi, la capitale provinciale du Kongo-Central, la circulation est totalement perturbée par des embouteillages monstres qui n’épargnent personne, ni les véhicules, ni les piétons tentant de se faufiler entre les voitures surchauffées.

Comment une ville portuaire vitale peut-elle se retrouver ainsi prise en étau par son propre trafic ? Les causes de cette paralysie sont multiples et s’emboîtent comme un puzzle du chaos urbain. Selon les observations locales et les témoignages recueillis, le flot incessant des camions poids lourds desservant le port de Matadi constitue la colonne vertébrale de ce problème. Ces géants des routes, essentiels à l’économie, roulent souvent de concert, bloquant des artères entières. À cette circulation accrue s’ajoute l’occupation anarchique de la chaussée. Des vendeurs à la sauvette ont transformé les trottoirs et parfois même une partie de la route en marché improvisé, réduisant d’autant l’espace dédié aux voitures. Le ballet désordonné des taxis, qui s’arrêtent au moindre signe d’un client potentiel, sans le moindre souci de gêner la circulation derrière eux, complète ce tableau d’anarchie. Une insuffisance criante de la régulation routière laisse ce chaos s’installer durablement, sans qu’aucune autorité ne semble en mesure de reprendre le contrôle.

Les conséquences de ces embouteillages à Matadi dépassent de très loin la simple contrariété d’être en retard. Elles creusent un sillon profond dans le tissu social et la santé mentale des habitants. « C’est un stress permanent », confie Marie, employée dans une microfinance. « Tu pars de chez toi à 6h30 pour un bureau qui ouvre à 8h, et tu n’es même pas sûr d’y être à 9h. Tu cuis dans ta voiture, tu épuises ton salaire en essence pour faire du sur-place, et en plus, ton patron te fait des remarques. » Ce sentiment d’impuissance et de fatigue chronique est partagé par une majorité de citoyens. Les répercussions sont tangibles : perte de productivité économique, employés sanctionnés pour retards répétés, fidèles manquant les offices religieux, et même des urgences médicales potentiellement compromises par l’impossibilité de circuler rapidement.

Peut-on encore parler de simple problème de trafic routier au Congo quand celui-ci étouffe la vie d’une cité tout entière ? La situation à Matadi pose une question fondamentale sur la gestion urbaine dans les grandes villes congolaises. Les problèmes de transport en RDC ne se limitent pas à l’état des routes ; ils englobent une planification urbaine défaillante, un manque d’alternative aux véhicules individuels et une absence de vision pour une mobilité durable. Les camions du port sont indispensables, mais leur circulation ne peut-elle pas être optimisée, décalée, mieux canalisée ? Les marchés informels sont une réalité économique, mais doivent-ils sacrifier la fluidité de la ville ?

La vie urbaine à Matadi est à un tournant. Ces embouteillages à répétition ne sont pas une fatalité, mais le symptôme d’un besoin urgent d’organisation. Des mesures simples pourraient apporter un premier soulagement : une régulation policière ferme et visible aux heures de pointe, la création d’aires de stationnement dédiées pour les taxis et les marchandises, et surtout, un dialogue entre les autorités municipales, les gestionnaires du port et les représentants des transporteurs. Sans une action concertée et déterminée, Matadi risque de continuer à suffoquer, jour après jour, transformant la promesse d’une ville dynamique en un cauchemar logistique permanent pour ses habitants. L’enjeu est de taille : redonner aux Matadiens le droit fondamental de se déplacer dans leur propre ville.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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