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RDC-Chine : Suminwa sécurise les exonérations du programme Sicomines

Dans un contexte où la gouvernance des partenariats stratégiques suscite des interrogations croissantes, le gouvernement congolais orchestre une manœuvre institutionnelle d’importance. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présenté devant le Conseil des ministres les conclusions d’un atelier national consacré à la mise en œuvre du Programme Sino-Congolais, focalisé sur l’application de la loi 14/005 régissant le régime fiscal et douanier des conventions de collaboration.

Cette concertation hautement technique, organisée du 17 au 22 novembre 2025 sous l’égide de l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC), visait essentiellement à harmoniser les interprétations juridiques entourant les exonérations accordées dans le cadre de la convention collaboration RDC-Chine. La cheffe du gouvernement a martelé l’importance stratégique de cette démarche, soulignant qu’elle s’inscrit dans la vision des Six Engagements Majeurs du président Félix-Antoine Tshisekedi.

« Le partenariat sino-congolais demeure un pilier stratégique. Il doit cependant évoluer pour refléter les exigences actuelles de bonne gouvernance, de transparence et de redevabilité mutuelle », a déclaré Judith Suminwa, dans une déclaration qui semble traduire une volonté de rééquilibrer les termes d’une coopération parfois controversée. Cette position modérée mais ferme interroge : le gouvernement cherche-t-il à renégocier dans les faits ce qu’il affirme vouloir simplement optimiser ?

L’atelier a rassemblé des experts issus de toutes les institutions clés de l’État, notamment la Présidence de la République, la Primature, la Cellule Climat des affaires et l’Inspection générale des finances. Cette représentation plurielle témoigne de l’importance politique accordée à ce dossier sensible, alors que le projet Sicomines continue de cristalliser les débats sur l’effectivité des retombées du partenariat « ressources contre infrastructures ».

Freddy Yodi Shembo, Directeur général de l’APCSC, a qualifié cette initiative de « moment de haute portée institutionnelle », évoquant l’avenant numéro 5 issu de la renégociation du contrat Sicomines comme un « cadre opérationnel actualisé ». Ce langage technique masque-t-il des avancées concrètes ou simplement des ajustements cosmétiques ? La question mérite d’être posée alors que les attentes populaires en matière de développement restent immenses.

La Première ministre a insisté sur la nécessité d’adopter les arrêtés interministériels d’application qui permettront de rendre pleinement opérationnelle la Loi 14/005. Cette étape réglementaire cruciale déterminera l’efficacité réelle de la réforme entreprise. « La mise en œuvre de ces recommandations permettra de renforcer la transparence, l’efficacité et la crédibilité de l’action gouvernementale », a-t-elle assuré, dans une formule qui sonne comme une promesse autant qu’un aveu des lacunes passées.

Le timing de cet atelier n’est pas anodin. Il intervient alors que la RDC poursuit sa trajectoire vers une reconstruction durable et inclusive, dans un contexte international marqué par une compétition accrue pour les ressources stratégiques. La volonté affichée de mieux encadrer juridiquement le Programme Sino-Congolais traduit-elle une nouvelle approche de la diplomatie économique congolaise, plus exigeante dans la défense des intérêts nationaux ?

Judith Suminwa a rappelé l’impératif de voir l’exploitation des ressources naturelles se traduire par des retombées concrètes : infrastructures modernes, création d’emplois, formation des jeunes et amélioration du bien-être collectif. Des ambitions nobles qui contrastent avec le bilan mitigé de nombreux partenariats miniers conclus par le passé. Le gouvernement parviendra-t-il cette fois à transformer l’essai ?

La réussite de cette entreprise de clarification juridique dépendra largement de la capacité des différentes administrations concernées à travailler en synergie. Le renforcement de la coordination entre ministères, régies financières et l’APCSC apparaît comme une condition sine qua non pour éviter les interprétations divergentes qui ont souvent affaibli la position congolaise dans le passé.

Alors que la RDC s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de son partenariat avec la Chine, cet atelier pourrait marquer un tournant dans la gouvernance des conventions de collaboration. Reste à savoir si les actes suivront les déclarations d’intention, et si le gouvernement congolais saura transformer cette avancée technique en levier de développement concret pour les populations.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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