Un incident institutionnel d’une gravité exceptionnelle a éclaté vendredi 28 novembre à Luena, dans la province du Haut-Lomami, opposant frontalement les autorités judiciaires et policières. Le procureur de la République faisant fonction de chef de parquet de Bukama s’est vu opposer un refus catégorique d’accès au cachot du sous-commissariat de la police locale par le commandant en charge des lieux.
Selon des sources concordantes auprès des activistes des droits de l’homme basés à Luena, le magistrat du parquet souhaitait procéder à une inspection régulière des conditions de détention des prisonniers, conformément à ses prérogatives légales. Cette mission de contrôle routinière s’est transformée en confrontation ouverte lorsque le commandant de la police a personnellement barré l’accès au procureur, s’opposant avec véhémence à sa présence dans l’enceinte pénitentiaire.
Le procureur concerné, qui a confirmé l’authenticité des faits, a révélé que l’échange tendu avait culminé avec une décision pour le moins surprenante : le commandant aurait ordonné la libération immédiate de l’ensemble des détenus présents dans le cachot. Cette mesure radicale, intervenue en pleine confrontation, soulève des questions fondamentales sur les rapports entre police et justice en République Démocratique du Congo.
Comment un tel affrontement entre institutions républicaines a-t-il pu se produire en plein cœur du Haut-Lomami ? Les défenseurs des droits humains, consternés par cette dérive autoritaire, qualifient l’incident de « grave entorse à l’État de droit » et demandent instamment à la justice militaire de se saisir du dossier. Leur requête vise à décourager définitivement ce type de comportement qui menace l’équilibre des pouvoirs dans la région.
Les conditions de détention à Luena, au centre de ce conflit institutionnel, restent opaques depuis cet incident. Les activistes locaux s’interrogent sur ce que les autorités policières pourraient chercher à dissimuler au regard de la justice. La transparence des cachots de police constitue pourtant une garantie essentielle contre les mauvais traitements et les détentions arbitraires.
Le conflit police justice RDC prend ainsi une nouvelle dimension avec cet épisode du Haut-Lomami, révélateur des tensions persistantes entre différentes institutions censées travailler en synergie. L’incident judiciaire RDC de Luena pourrait constituer un précédent dangereux s’il n’est pas traité avec la fermeté requise par les autorités hiérarchiques.
À ce jour, toutes les tentatives pour obtenir la version des faits du commandant de police impliqué dans cet incident sont restées infructueuses. Son silence nourrit les spéculations sur les motivations réelles derrière ce blocage institutionnel. Les observateurs attendent maintenant la réaction des autorités provinciales et nationales face à cette entrave caractérisée à l’exercice de la justice.
La situation à Bukama et dans l’ensemble du Haut-Lomami reste sous étroite surveillance des organisations de défense des droits humains, qui redoutent que cet incident ne soit que la partie émergée de problèmes structurels plus profonds affectant l’administration de la justice dans cette province congolaise.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
