Une opération coup de poing a été menée ce vendredi par l’auditorat militaire de Kasumbalesa au niveau du couloir piétonnier frontalier. Cette descente inopinée a conduit à l’interpellation de plusieurs agents de sécurité en situation irrégulière. L’action s’inscrit dans le cadre plus large de la lutte contre la tracasserie des commerçants et la multiplicité des services de l’État qui entravent les échanges transfrontaliers.
Le couloir piétonnier de Kasumbalesa représente un point de passage vital pour des centaines de petits commerçants qui effectuent quotidiennement la navette entre la République Démocratique du Congo et la Zambie. Ces opérateurs économiques, souvent de modeste envergure, dépendent de cette voie pour s’approvisionner en marchandises diverses auprès du voisin zambien. Pourtant, ce passage essentiel au commerce transfrontalier était devenu le théâtre de pratiques illicites systématiques.
L’équipe de l’auditorat militaire, placée sous la direction de l’inspecteur judiciaire Willy Malindo, a constaté sur place la présence massive d’agents de sécurité non autorisés. La majorité des personnes interpellées ne disposaient ni d’ordre de mission officiel, ni d’affectation légitime pour exercer leurs fonctions dans cette zone sensible. Cette situation créait un environnement propice aux extorsions et aux concussions contre les commerçants transfrontaliers.
Comment expliquer la prolifération de tels dysfonctionnements dans un lieu aussi stratégique pour l’économie locale ? La réponse semble résider dans l’absence de contrôle efficace et la multiplication anarchique des services étatiques. Les petits commerçants, déjà confrontés aux défis du commerce informel, subissaient ainsi une pression supplémentaire qui compromettait la viabilité de leurs activités.
L’inspecteur Malindo a rappelé que cette opération de sécurisation s’inscrit dans une démarche plus globale initiée il y a plusieurs semaines. Une délégation provinciale s’était déjà rendue sur les lieux pour évaluer la situation et organiser des réunions de travail visant à assainir les pratiques. L’objectif déclaré des autorités militaires consiste à rétablir l’ordre et la légalité dans ce corridor essentiel aux économies frontalières.
La problématique de la tracasserie des commerçants à Kasumbalesa dépasse le simple cadre sécuritaire pour toucher au développement économique régional. Chaque obstacle supplémentaire pesant sur les échanges transfrontaliers affecte directement les moyens de subsistance de centaines de familles dépendantes du petit commerce. L’opération de l’auditorat militaire représente ainsi une réponse concrète aux difficultés rencontrées par les opérateurs économiques locaux.
Les autorités militaires entendent faire de ces descentes de routine un instrument permanent de régulation. La présence régulière des inspecteurs judiciaires au couloir piétonnier devrait permettre de dissuader les pratiques illicites et de maintenir un environnement commercial sécurisé. Cette approche proactive vise à instaurer une relation de confiance entre les services de l’État et les commerçants transfrontaliers.
L’opération sécurité menée dans le Haut-Katanga démontre la volonté des autorités congolaises de s’attaquer aux goulots d’étranglement qui entravent le commerce frontalier. La situation à Kasumbalesa servira-t-elle de modèle pour d’autres points de passage frontaliers confrontés à des défis similaires ? Seul l’avenir le dira, mais l’engagement actuel des autorités militaires laisse entrevoir une amélioration tangible des conditions d’exercice pour les petits commerçants RDC-Zambie.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
