« Ici, dans le Haut-Katanga, nous sommes dans une province à caractère minier. Nous avons un manque d’infrastructures qui est quasiment criant, surtout dans le domaine du recyclage. Les entreprises de recyclage doivent être implantées, tenues par les jeunes et pour les jeunes ». Cette déclaration poignante d’un jeune participant résume l’urgence de la situation qui prévaut dans cette région minière de la RDC.
Vendredi 28 novembre, la ville de Lubumbashi a vibré au rythme d’un dialogue historique entre les jeunes Lubumbashi et le sous-Secrétaire général des Nations Unies en charge de la jeunesse, Felippe Paullier. Cette rencontre, organisée dans le cadre de la stratégie jeunesse des Nations Unies à l’horizon 2030, a mis en lumière les défis multiples auxquels fait face la jeunesse katangaise.
La situation des personnes atteintes d’albinisme a particulièrement ému l’auditoire. « Nos frères et sœurs albinos vivent dans un abandon presque total », témoigne un jeune leader communautaire. « L’exposition au soleil tropical les expose à des risques élevés de cancer de la peau, sans aucune structure adaptée pour les prendre en charge. La RDC doit urgemment développer des politiques de protection spécifiques pour cette communauté vulnérable. »
La pollution minière Haut-Katanga constitue une autre préoccupation majeure soulevée lors de ces échanges. L’exploitation minière intensive dans la région a engendré une dégradation environnementale alarmante, affectant directement la santé des populations et l’écosystème local. « Nous respirons la poussière des mines au quotidien, nos rivières sont contaminées, et nos terres agricoles deviennent stériles », déplore une jeune femme activiste environnementale.
Face à ces défis environnementaux, les jeunes participants ont plaidé pour le développement d’infrastructures de recyclage entreprises jeunes. L’absence d’unités de traitement des déchets miniers et ménagers représente non seulement une menace écologique, mais aussi une opportunité manquée pour la création d’emplois verts. Comment envisager un développement durable sans investir dans l’économie circulaire ? La question reste en suspens, alors que la province regorge de matières premières valorisables.
La résilience jeunesse RDC s’exprime pourtant à travers ces initiatives locales et cette volonté farouche de participer activement à la recherche de solutions. « Nous ne voulons plus être considérés comme des bénéficiaires passifs, mais comme des acteurs du changement », insiste un entrepreneur social. Cette détermination contraste avec le manque de soutien institutionnel et les obstacles administratifs qui entravent l’émergence de projets innovants.
En réponse à ces interpellations, Felippe Paullier a reconnu la légitimité des préoccupations exprimées. « J’ai entendu les messages des jeunes et je ferai rapport au niveau des hauts représentants des Nations Unies », a-t-il assuré. Cependant, le diplomate onusien a tempéré les attentes en rappelant que « ces problèmes ne seront pas résolus par les Nations Unies uniquement : il faudra le concours du gouvernement et d’autres partenaires ».
Cette mise en garde soulève une question fondamentale : les institutions internationales et nationales sont-elles véritablement prêtes à accompagner la formidable énergie créatrice de la jeunesse congolaise ? Le cas des albinos RDC cancer peau illustre parfaitement cette nécessité d’une approche coordonnée entre acteurs locaux, gouvernement et partenaires internationaux.
La visite du responsable onusien marque ainsi un tournant dans la reconnaissance du rôle central que doivent jouer les jeunes dans la construction de la résilience communautaire et la cohésion sociale. Mais au-delà des déclarations d’intention, c’est la concrétisation des engagements qui sera scrutée par une jeunesse en attente de changements tangibles.
Le Haut-Katanga, avec son potentiel minier exceptionnel et ses défis environnementaux colossaux, pourrait devenir le laboratoire d’un nouveau modèle de développement inclusif et durable. Mais cette transformation nécessitera plus que des discours : elle exigera des investissements massifs dans les infrastructures vertes, une protection effective des populations vulnérables, et surtout, une confiance renouvelée dans la capacité d’innovation de la jeunesse congolaise.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
