L’Union sacrée pour la Nation, plateforme politique du Chef de l’État Félix Tshisekedi, a franchi une étape déterminante lors de son deuxième congrès tenu samedi 30 août au Centre culturel et artistique africain de Kinshasa. L’adoption de la charte et du règlement intérieur marque une consolidation institutionnelle attendue, sous la présidence effective de l’autorité morale du regroupement.
Parmi les innovations majeures, le renforcement du secrétariat permanent – désormais élevé au rang de secrétariat exécutif – retient particulièrement l’attention. Cet organe technique et administratif se voit confier la gestion du dialogue proposé par la Fondation Thabo Mbeki, une mission delicate dans le contexte actuel. Les membres de l’Union sacrée nation expriment ouvertement leurs préoccupations sécuritaires et leurs doutes quant à la neutralité de la facilitation sud-africaine.
Le Président de la République a saisi cette tribune pour réaffirmer son engagement personnel en faveur d’une paix durable sur l’ensemble du territoire national. Une promesse qui résonne comme un message fort à destination tantôt de la communauté internationale que des acteurs nationaux. Mais dans les coulisses de ce congrès de Kinshasa, les questions persistent : cette restructuration suffira-t-elle à apaiser les craintes des participants ?
La composition du présidium connaît également une évolution significative. Désormais, seuls les partis politiques disposant d’au moins quatre députés à l’Assemblée nationale et au Sénat y seront représentés, aux côtés de délégués directement désignés par le Chef de l’État. Cette mesure, présentée comme un gage de représentativité, pourrait également renforcer la mainmise de l’exécutif sur la plateforme.
Le dialogue Thabo Mbeki, dont la gestion échoit au nouveau secrétariat exécutif, constitue un dossier épineux pour l’Union sacrée. Les réticences exprimées par les membres reflètent une méfiance croissante vis-à-vis des médiations internationales, perçues comme parfois partiales. Le président Tshisekedi joue donc gros sur ce dossier, dont l’échec pourrait fragiliser durablement sa majorité politique et remettre en cause sa stratégie de stabilisation du pays.
Alors que la charte du parti politique vient d’être adoptée, reste à voir comment ces nouvelles structures affronteront les défis à venir. La crédibilité de l’Union sacrée nation se jouera notamment dans sa capacité à gérer le processus de dialogue avec impartialité et efficacité, tout en maintenant la cohésion de ses membres. Le prochain congrès devra faire la démonstration que ces réformes institutionnelles ne sont pas qu’un simple remaniement de façade.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net