Au cœur de Kinshasa, une effervescence créative s’empare des artères de la capitale. Le Kinshasa Urban Art Fest, dans sa troisième édition, se prépare à transformer l’espace urbain en une gigantesque toile d’expression. Du 13 au 20 septembre prochain, la ville vibrera au rythme du graffiti, de la danse, de la musique et du sport urbain, célébrant ainsi la culture urbaine dans toute sa diversité.
Comment ne pas être saisi par l’ambiance électrique qui entoure déjà cet événement ? Tata Nizoo, artiste graffeur et initiateur visionnaire du festival, nous dévoile les coulisses de cette édition placée sous le signe de la peinture. « Les têtes d’affiches ne seront rien d’autres que les artistes graffeurs », affirme-t-il, soulignant ainsi la place centrale accordée à la discipline mère du street art. Cette année, les murs de Kinshasa serviront de cathédrales éphémères à des œuvres qui défient l’ordinaire.
Le thème « Matumaïni », espoir en swahili, résonne comme un mantra face aux défis que traverse la République Démocratique du Congo. À travers pinceaux et bombes aérosol, les artistes congolais et internationaux – venant du Sénégal, de la Suisse ou de l’Espagne – tissent un dialogue audacieux entre résilience et beauté. Le festival street art RDC devient ainsi bien plus qu’une simple manifestation culturelle ; il est un acte de résistance poétique, un souffle d’optimisme dans un contexte parfois tumultueux.
Qu’apporte le Kinshasa Urban Art Fest à la scène artistique congolaise ? Outre la visibilité offerte aux talents locaux, il ouvre une fenêtre sur le monde, permettant des échanges fructueux et une reconnaissance au-delà des frontières. Les fresques murales, performances dansées et exhibitions de skate ou de BMX vélo transforment l’espace public en laboratoire d’idées et d’émotions. Chaque coin de rue devient une galerie à ciel ouvert, interrogeant notre rapport à l’art et à la cité.
Dans une atmosphère où se mêlent odeurs de peinture fraîche et mélodies entraînantes, le Matumaïni festival incarne une renaissance culturelle. Il n’est pas rare de voir des passants s’arrêter, médusés devant un mural qui raconte une histoire, celle d’un peuple fier et combatif. La photographie capture ces instants volés à l’éphémère, tandis que la musique et la danse animent l’âme collective.
Au-delà de l’aspect festif, le Kinshasa Urban Art Fest pose des questions essentielles : l’art peut-il être un vecteur de changement social ? Comment la culture urbaine redéfinit-elle l’identité kinoise ? En mettant en lumière des artistes graffeurs Congo, l’événement dépasse le cadre du divertissement pour s’inscrire dans une démarche pédagogique et engagée.
Alors que les préparatifs battent leur plein, une certitude s’impose : ce festival est bien plus qu’un rassemblement éphémère. Il est le témoignage vibrant d’une jeunesse congolaise déterminée à écrire son avenir avec audace et couleur. Et si l’espoir, ce « Matumaïni », se nichait dans chaque trait de pinceau, dans chaque mouvement de hip-hop, dans chaque roue de skate qui effleure le bitume ?
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd