Dans un contexte où l’accès aux activités sportives et culturelles reste limité pour de nombreuses jeunes Congolaises, un vent d’espoir souffle sur Kinshasa. La signature d’un protocole d’accord historique entre le gouvernement congolais et Expertise France marque le lancement du projet « Pour Elles : Sport et Culture », une initiative ambitieuse dotée de 11,5 millions d’euros.
Mais pourquoi cet investissement massif dans des terrains de proximité ? La réponse réside dans les défis quotidiens auxquels font face les jeunes filles de la capitale. Combien d’entre elles doivent renoncer à pratiquer un sport par manque d’infrastructures sécurisées ? Combien voient leurs talents culturels s’étouffer faute d’espaces d’expression adaptés ?
Ce programme, financé par l’Agence française de développement, la Banque mondiale et la Banque de Développement, s’étalera sur quatre ans et transformera concrètement le paysage urbain de plusieurs communes de Kinshasa. L’objectif est clair : créer des environnements où filles et jeunes femmes pourront s’épanouir librement, loin des contraintes sociales et culturelles qui trop souvent entravent leur développement.
Raïssa Malu, ministre d’État de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, porte une vision qui dépasse la simple construction d’infrastructures sportives. Il s’agit d’un projet de société, d’une véritable révolution silencieuse pour l’égalité des chances. « Comment envisager l’émancipation des femmes sans leur offrir les moyens concrets de développer leur potentiel ? » semble nous interpeller cette initiative.
Les terrains de proximité deviendront bien plus que des lieux de pratique sportive. Ils se transformeront en véritables laboratoires d’inclusion sociale, où l’éducation par le sport et la culture servira de levier pour valoriser les talents souvent cachés des jeunes Congolaises. Ces espaces sécurisés permettront-ils de faire émerger la prochaine génération de championnes et d’artistes ?
Le ministère souligne que ce partenariat s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement des infrastructures locales. Mais au-delà des briques et du béton, c’est une philosophie qui se dessine : celle d’une République Démocratique du Congo qui investit dans sa jeunesse féminine, reconnaissant que le développement du pays passe nécessairement par l’épanouissement de toutes ses citoyennes.
Alors que les travaux de réhabilitation vont bientôt commencer, une question persiste : ces infrastructures sportives suffiront-elles à briser les barrières culturelles ? Le défi est de taille, mais l’engagement financier et politique semble témoigner d’une volonté réelle de changement. La réussite de ce projet pourrait bien servir de modèle pour d’autres initiatives visant à promouvoir l’égalité des chances dans l’éducation et le développement personnel.
Dans quatre ans, lorsque les premières jeunes filles fouleront ces nouveaux terrains, une page importante de l’histoire du sport et de la culture congolaise sera en train de s’écrire. Une page où filles et garçons pourront peut-être enfin jouer sur un terrain d’égalité, tant littéral que figuré.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd