Sur les eaux majestueuses du fleuve Congo, symbole de vie et d’unité africaine, s’est joué ce vendredi un moment décisif pour l’avenir environnemental du continent. Les États bénéficiaires des fonds fiduciaires ont scellé leur engagement renouvelé dans la bataille pour la conservation de la nature, lors de la clôture de la XVe Assemblée annuelle du Consortium des Fonds africains pour l’environnement (CAFÉ).
Cette rencontre cruciale, organisée par le Fonds Okapi pour la conservation de la nature, a transformé Kinshasa en épicentre de la réflexion environnementale africaine. À bord du bateau Majestic River, les participants ont signé la Déclaration de Kinshasa, document stratégique qui trace les nouvelles orientations pour la conservation et les finances climatiques en Afrique.
Victor Kabengele, président du Fonds Okapi pour la RDC, ne cache pas sa satisfaction : cette assemblée a accompli sa mission essentielle de raviver la flamme des pays africains pour la protection des aires protégées. Mais au-delà de l’enthousiasme, comment transformer ces engagements en actions concrètes ? Comment garantir que les financements climatiques atteindront réellement les communautés locales, premières gardiennes de cette biodiversité menacée ?
La directrice exécutive des parcs et réserves de la Côte d’Ivoire salue quant à elle le renforcement des liens opérationnels permis par le CAFÉ de Kinshasa. Cette mobilisation collective autour de financements pérennes représente une lueur d’espoir dans un contexte où les écosystèmes africains subissent une pression croissante. La promotion de pratiques innovantes devient une nécessité absolue face à l’urgence écologique.
Cette assemblée coïncide symboliquement avec le centenaire du parc national des Virunga, joyau de la biodiversité mondiale situé dans l’Est de la RDC. Cent ans de conservation, mais aussi de défis immenses : braconnage, conflits armés, pression démographique. Le parc Virunga centenaire témoigne à la fois de la résilience et de la vulnérabilité des sanctuaires naturels africains.
Les fonds africains environnement font aujourd’hui face à une équation complexe : comment concilier protection stricte et développement des communautés riveraines ? Comment transformer les promesses de financements climatiques en actions tangibles sur le terrain ? La Déclaration de Kinshasa ouvre des pistes, mais la route reste longue avant de voir émerger un modèle de conservation véritablement durable et équitable.
La randonnée traditionnelle sur le fleuve Congo, rituel respecté par cette plateforme, prend cette année une signification particulière. Elle symbolise le flux des engagements qui doivent maintenant se concrétiser en actions concrètes. Car derrière les déclarations et les signatures, c’est l’avenir de millions d’Africains qui se joue, tributaires de ces écosystèmes dont la préservation conditionne leur survie même.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net