Une nuit de terreur a une nouvelle fois frappé la commune de Mont-Ngafula, plongeant les habitants du quartier Matadi Mayo dans un profond désarroi. Selon de multiples témoignages recueillis sur place, un groupe de bandits armés a opéré en toute impunité dans la nuit de mercredi 27 août, s’attaquant à près de soixante-dix habitations. Aucune intervention des forces de l’ordre n’a été signalée durant ces longues heures d’angoisse, soulevant de vives interrogations sur l’efficacité du dispositif sécuritaire dans cette zone de la capitale.
Ce dramatique épisode s’inscrit dans une série d’actes criminels qui ensanglantent le quartier depuis une semaine. Meurtres, pillages et viols se succèdent dans une inquiétante escalade de violence, créant un climat de peur permanent parmi une population exsangue. Les résidents, livrés à eux-mêmes, dénoncent l’inaction des autorités face à cette crise sécuritaire grandissante.
Une victime, ayant requis l’anonymat pour des raisons évidentes de sécurité, confie son effroi : « Nous vivons dans la peur. Chaque nuit est une menace. Nous demandons que l’État nous protège ». Ce témoignage poignant résume le sentiment d’abandon qui prévaut parmi les habitants de Mont-Ngafula. Jusqu’où devra monter l’insécurité à Kinshasa avant que des mesures véritablement efficaces ne soient déployées ?
Face à cette situation explosive, le bourgmestre Séverin Malamba affirme que des dispositions urgentes sont en cours d’élaboration. Parmi les mesures annoncées figurent le renforcement des patrouilles mixtes Police-Armée et l’activation des comités locaux de sécurité élargis, impliquant toutes les couches de la population. Des mécanismes complémentaires, non divulgués pour des raisons stratégiques, seraient également à l’étude.
Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, avait pourtant récemment rappelé aux bourgmestres l’impérieuse nécessité de renforcer les comités locaux de sécurité et de multiplier les descentes de terrain. Force est de constater que ces injonctions peinent à se concrétiser en actions tangibles sur le terrain. La défiance des populations envers les institutions ne fait que croître, alimentée par la répétition de tels événements.
La dévalisation systématique des habitations par des bandits armés à Mont-Ngafula pose une question fondamentale : comment en sommes-nous arrivés à une telle crise de la sécurité en RDC ? Les autorités parviendront-elles à reprendre le contrôle de territoires progressivement abandonnés à la loi des criminels ? La réponse à ces interrogations déterminera l’avenir immédiat de milliers de citoyens livrés quotidiennement à la violence et à l’arbitraire.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net