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RDC : La ligne Kisangani-Ubundu, symbole de l’effondrement du rail congolais – 5 ans de paralysie totale

La Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) traverse une crise structurelle profonde, particulièrement visible sur la ligne Kisangani-Ubundu dans la province de la Tshopo. Cette artère ferroviaire, autrefois vitale pour le transport de passagers, est paralysée depuis cinq ans, victime d’un manque criant d’investissements et d’une dégradation accélérée de ses infrastructures. Une situation qui illustre les défis persistants du secteur ferroviaire en RDC et ses répercussions sur l’économie locale.

Selon Alubu Shabani, directeur intérimaire de la SNCC, le matériel roulant est dans un état de vétusté alarmant. Sur les quatre locomotives acquises en 2016, seulement deux restent opérationnelles. Les deux autres ont été vandalisées et démantelées pour leurs pièces détachées, un symptôme du manque de moyens et de sécurité entourant les infrastructures ferroviaires congolaises. Les wagons hors d’usage s’accumulent dans les dépôts, témoins silencieux d’une époque révolue où le rail était le poumon économique de la région.

La dégradation des voies ferrées atteint un niveau critique. La ligne de 125 km entre Kisangani et Ubundu, envahie par la végétation et rongée par l’érosion, impose des contraintes drastiques à la circulation. Les convois marchandises doivent se contenter d’une vitesse réduite à 5 km/h, nécessitant jusqu’à 36 heures pour parcourir une distance autrefois franchie en quelques heures. Un contraste saisissant avec les performances historiques de 25 km/h qui faisaient la fierté de ce réseau.

Cette paralysie progressive a des conséquences directes sur l’activité économique. Le trafic commercial se limite désormais à un maigre aller-retour bimensuel, malgré les risques accrus pour la sécurité. Les populations riveraines, qui dépendaient de cette infrastructure pour leurs déplacements et le transport de marchandises, se retrouvent isolées, avec des répercussions visibles sur les échanges commerciaux et le prix des denrées dans la région.

Dans ce contexte difficile, l’annonce d’un projet de modernisation par une société sud-coréenne suscite un espoir prudent. Pour les employés de la SNCC comme pour les habitants de la Tshopo, cette initiative pourrait représenter le début d’une renaissance tant attendue. Mais entre promesses et réalités, le chemin reste long pour redonner à cette ligne ferroviaire sa place de pilier du développement régional. La question qui se pose désormais : cette relance potentielle parviendra-t-elle à inverser la tendance et à réinsérer la RDC dans le cercle des nations dotées d’un réseau ferroviaire fonctionnel ?

Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net

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