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Débrief du 08/11 : FMI, choléra, combats à l’Est et justice

La journée du 08 novembre 2026 met en lumière une RDC confrontée à des défis multiples, où s’entremêlent avancées structurelles et urgences humanitaires. D’un côté, un accord préliminaire avec le FMI ouvre la perspective d’un appui financier conséquent, tandis que le gouvernement lance la digitalisation de la justice et propose un pacte national pour les femmes. De l’autre, l’épidémie de choléra s’aggrave au Sud-Kivu, les combats persistent dans l’Est avec leur lot de déplacements, et la libération d’otages en Ituri rappelle la menace des groupes armés. Ce debrief revient sur les faits marquants de cette journée, en s’appuyant sur les articles publiés par CongoQuotidien.com.

Accord FMI-RDC : 771 millions USD en perspective, dont 240 pour Ebola

Après deux semaines de discussions qui se sont déroulées du 22 octobre au 4 novembre 2026, l’équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Calixte Ahokpossi et les autorités congolaises sont parvenues à un accord au niveau des services. Cet accord porte sur le quatrième examen du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et le troisième examen du programme appuyé par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Il doit encore recevoir l’approbation de la direction du FMI puis de son Conseil d’administration, dont l’examen est provisoirement prévu pour décembre 2026. Depuis janvier 2025, la RDC est engagée dans un programme triennal combinant ces deux facilités : la FEC vise à préserver la stabilité macroéconomique, améliorer l’environnement des affaires, renforcer la gouvernance et favoriser une croissance inclusive, tandis que la FRD accompagne le pays dans sa transition vers une économie sobre en carbone et renforce sa résilience face aux changements climatiques. Le FMI a souligné les pressions budgétaires liées à la persistance du conflit armé dans l’Est et à la riposte à l’épidémie d’Ebola. Bien que le déficit budgétaire soit resté inférieur au plafond programmé à la fin juin 2026, des difficultés d’exécution sont apparues par la suite. Pour y faire face, le FMI juge essentiel de remédier rapidement aux retards dans la mise en œuvre des mesures d’augmentation des recettes approuvées dans le budget 2026, de maîtriser la masse salariale et de rationaliser les dépenses non prioritaires. De son côté, le gouvernement a demandé un assouplissement des plafonds de déficit budgétaire pour 2026 et 2027, ainsi qu’un accès accru aux ressources du FMI au titre du mécanisme de financement des épidémies et du mécanisme de soutien à la riposte. Le FMI insiste également sur la poursuite des réformes de gestion des finances publiques, recommandant de limiter le recours aux procédures de dépenses d’urgence, d’étendre la décentralisation de l’autorisation des dépenses, de finaliser le déploiement du Compte unique du Trésor et de rationaliser les fonds spéciaux et les entités publiques. Selon le ministre des Finances Doudou Fwamba, sous réserve des approbations requises, un décaissement d’environ 771 millions d’USD est attendu, dont 240 millions destinés à financer le plan de riposte contre Ebola pour la phase 2026. Le FMI précise qu’avec le soutien de partenaires multilatéraux et bilatéraux, les autorités intensifient leurs efforts pour éradiquer l’épidémie. Détails de l’accord

Choléra au Sud-Kivu : une semaine meurtrière et des obstacles à la riposte

La division provinciale de la santé (DPS) du Sud-Kivu a enregistré 14 décès et 668 cas suspects de choléra entre le 25 et le 31 octobre 2026. Ce bilan hebdomadaire est en légère baisse par rapport aux 734 cas suspects de la semaine précédente, mais il confirme la persistance de l’épidémie. Les cas ont été rapportés dans sept zones de santé : Uvira, Ibanda, Kimbi Lulenge, Kamituga, Mulungu, Kalonge et Kalole. Depuis le début de l’année, la province cumule 17 796 cas de choléra et 307 décès, dont 187 sont survenus en milieu hospitalier et 120 dans la communauté. Sur les 34 zones de santé que compte le Sud-Kivu, 31 sont désormais touchées. La riposte se heurte à plusieurs obstacles majeurs : des ruptures d’intrants de prise en charge dans certaines zones, des retards dans la transmission des échantillons au laboratoire qui empêchent des décisions rapides, l’absence de motivation des prestataires de soins dans certaines zones en épidémie, et l’insuffisance voire l’absence de sites de chloration dans des zones prioritaires comme Katana, Shabunda, Mulungu et Kalehe. Lire le bilan complet

Masisi : les FARDC reprennent Mahanga et Kilongo, mais la zone reste précaire

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les combattants wazalendo, ont repris les villages de Mahanga et Kilongo au Front pour la refondation de la nation (FRN) dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Ces deux villages sont situés dans la localité de Butsike, au sein du groupement Nyamaboko Ier, à la limite des territoires de Masisi et de Walikale. Ils étaient occupés par les rebelles depuis plusieurs mois. Les combats ont débuté le mardi 3 novembre avec des offensives simultanées contre les positions du FRN à Mahanga, Kilongo et Kibanda. Selon les récits, les forces gouvernementales ont d’abord repris Mirindano et Kazinga avant de poursuivre leur progression. La chronologie de la reprise varie légèrement : ACTUALITE.CD la situe dans la soirée du mercredi 4 novembre, tandis que Radio Okapi fait état de combats dans la nuit du mercredi au jeudi 5 novembre. Les combattants du FRN se seraient repliés vers Kasopo, dans le secteur d’Osso Banyungu. Malgré ces avancées, la situation sécuritaire demeure précaire entre Masisi et Walikale. Les habitants restent exposés à de nouveaux affrontements, et les acteurs locaux de la société civile signalent des déplacements massifs de populations ainsi qu’un accès limité à l’assistance humanitaire pour des milliers de personnes affectées par les violences. Suivre l’évolution

Walikale : à Kibati, les combats poussent les habitants vers Kashebere

Les affrontements entre les FARDC, appuyées par les wazalendo, et les rebelles du FRN ont repris à Kibati, dans le groupement de Luberike, au Nord-Kivu. Les hostilités ont éclaté tôt le jeudi 5 novembre, avec des tirs d’armes lourdes et légères qui ont provoqué la panique parmi les habitants. De nombreux civils ont fui leurs villages pour rejoindre Kashebere et d’autres localités à la limite des territoires de Walikale et de Masisi. Selon les sources locales citées par Radio Okapi, le FRN contrôlait encore l’agglomération de Kibati le vendredi 6 novembre, tandis que les FARDC et les wazalendo restaient positionnés aux abords. Ces mêmes sources évoquent un soutien du Rwanda aux rebelles, une allégation qui n’est pas confirmée de manière indépendante. Le trafic routier demeure suspendu sur l’axe Kashebere-Kibati, qui fait partie de la route reliant Goma à Walikale par Nyabiondo. Cette interruption, qui dure depuis plusieurs semaines, complique les déplacements des habitants et l’acheminement des biens de première nécessité. Dans le territoire voisin de Masisi, des sources militaires affirment que les FARDC et les wazalendo ont repris au moins cinq localités au cours des trois jours précédant le 6 novembre, dont Mahanga, Kilongo et Kibanda, mais ces informations n’ont pas été confirmées de manière indépendante. Aucun bilan humain ni nombre précis de personnes déplacées n’a été rapporté par les médias. Plus de détails

Ituri : 29 otages des ADF libérés sur l’axe Nduye-Dingbo

Fin octobre, des opérations conjointes des Forces armées de la RDC (FARDC) et de l’armée ougandaise (UPDF) ont permis la libération de 29 civils retenus par les Forces démocratiques alliées (ADF) sur l’axe Nduye-Dingbo, en Ituri. Plusieurs anciens captifs retrouvent progressivement leurs familles, marqués par des séquelles physiques et psychologiques. Selon un responsable militaire, les anciens otages doivent être accompagnés pour rejoindre leurs milieux d’origine, et leur retour auprès des familles est en cours d’organisation. Les témoignages décrivent des conditions de captivité éprouvantes dans les forêts de Biakato, d’Alimbako et des environs. Un rescapé de Biakato raconte avoir été enlevé avec d’autres civils pendant la récolte du manioc ; les ravisseurs les ont ligotés, ont emporté leurs motos et les ont conduits de force dans la brousse. Il décrit des nuits à même le sol, des marches répétées entre les camps et de maigres rations, parfois composées de bananes. D’autres anciens otages rapportent que certains de leurs codétenus n’auraient pas survécu aux mauvais traitements, aux maladies ou à l’épuisement, sans que le nombre de décès soit précisé. Les responsables sécuritaires appellent les populations, les autorités civiles et coutumières ainsi que les forces de défense et de sécurité à renforcer leur collaboration face aux groupes armés encore actifs. Ils demandent notamment de signaler les mouvements suspects et la présence de personnes impliquées dans des activités criminelles. Les renseignements recueillis auprès des anciens otages pourraient également aider à orienter les opérations vers les positions résiduelles des groupes armés. Témoignages des rescapés

Femme, paix et sécurité : la ministre propose un pacte national

À l’occasion de la commémoration du 26e anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a proposé jeudi 5 novembre à Kinshasa la mise en place d’un pacte national « Femme, paix et sécurité ». Ce pacte vise à renforcer la participation des femmes aux décisions politiques, aux négociations de paix et aux mécanismes de sécurité en RDC. Il repose sur quatre exigences : une participation effective des femmes aux décisions et aux négociations, une protection renforcée et un accès à la justice, un financement durable des initiatives féminines, et un mécanisme de suivi-évaluation aux niveaux national et provincial. La ministre a insisté sur la nécessité de dépasser les déclarations d’intention : « Il est temps de passer des engagements aux résultats, de la représentation à la participation effective et de la consultation à la codécision », a-t-elle déclaré. Elle a également souligné que « nous ne pouvons plus accepter que les femmes soient présentes lorsque les conflits éclatent, mais absentes lorsque se négocie la paix ». Selon elle, la participation des femmes aux processus de paix constitue un investissement stratégique pour la sécurité, la cohésion nationale et la défense de la souveraineté de la RDC. La RDC dispose déjà d’acquis institutionnels : le Secrétariat permanent national 1325, un Plan d’action national de troisième génération, des mécanismes provinciaux de coordination et une base de données nationale en cours de constitution. La ministre a toutefois souligné la nécessité de transformer ces acquis en résultats concrets, en particulier pour les femmes vivant dans les zones affectées par les conflits. Elle a salué l’engagement du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur de la masculinité positive, citant la nomination de Judith Suminwa Tuluka comme première femme Première ministre. Micheline Ombae Kalama a exhorté la coordination permanente de la Résolution 1325 à assumer pleinement ses missions et les partenaires financiers à accompagner ces ambitions par des ressources prévisibles et durables. Elle a remercié le Royaume de Norvège, à travers ONU Femmes, ainsi que l’ensemble des partenaires et organisations de la société civile. La Résolution 1325, adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000, est le premier texte officiel de l’ONU liant la situation des femmes à la paix et à la sécurité internationales. Lire l’annonce

Justice : lancement de la digitalisation des recettes judiciaires

Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a officiellement lancé jeudi 5 novembre 2026 à Kinshasa la numérisation des recettes judiciaires ainsi que l’interconnexion des juridictions, des parquets et des établissements pénitentiaires. La cérémonie s’est tenue au ministère de la Justice, en présence du ministre de l’Économie numérique Augustin Kibassa Maliba Lubalala, de l’ambassadeur de l’Union européenne Douglas Darius Carpenter et du représentant résident du PNUD Kamil Kayode Kamaluddeen. Le projet est conduit par le ministère de la Justice, avec l’assistance technique du PNUD et un financement de l’Union européenne. La nouvelle solution de paiement des frais de justice doit, à terme, se substituer aux perceptions manuelles et offrir des garanties de sécurité, de traçabilité et de contrôle. L’interconnexion des institutions judiciaires et carcérales passera par une plateforme numérique commune et protégée. Pour Guillaume Ngefa, cette réforme marque une avancée notable dans la modernisation de l’appareil judiciaire et dans la lutte contre les pratiques portant atteinte à la transparence et à la crédibilité du système. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Programme conjoint d’appui à la réforme de la justice en RDC, prévu pour la période 2025-2029. Les porteurs du projet attendent de cette digitalisation une diminution des surfacturations, des perceptions non régulières et des pertes de preuves de paiement. Les autorités compétentes pourront consulter des données fiables sur les recettes collectées, les juridictions impliquées et les opérations effectuées. Le déploiement s’accompagnera de sessions de formation à destination des utilisateurs, de dispositifs de maintenance et d’un renforcement des capacités des équipes informatiques du ministère de la Justice et des structures bénéficiaires. Le suivi reposera sur des indicateurs chiffrés : nombre de sites connectés, volume des transactions dématérialisées, montant des recettes sécurisées, réduction des délais de traitement et niveau de satisfaction des usagers. L’Union européenne a confirmé son appui aux réformes visant à consolider l’État de droit, à renforcer la redevabilité des institutions publiques et à faciliter l’accès des citoyens à une justice de qualité. Le PNUD a réaffirmé sa disposition à accompagner le gouvernement dans la mise en place de solutions numériques pérennes, sûres et inclusives. Cette initiative s’inscrit dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et dans le programme d’action du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. En savoir plus

En somme, cette journée du 8 novembre 2026 illustre la double réalité congolaise : d’une part, des avancées structurelles porteuses d’espoir, comme l’accord préliminaire avec le FMI, le lancement de la digitalisation judiciaire et la proposition d’un pacte national pour les femmes ; d’autre part, des urgences humanitaires et sécuritaires qui exigent des réponses rapides et coordonnées, telles que l’épidémie de choléra au Sud-Kivu, les combats persistants dans les territoires de Masisi et de Walikale, et les séquelles des enlèvements perpétrés par les ADF en Ituri. Face à ces défis, la RDC doit conjuguer réformes institutionnelles et actions de terrain pour protéger les populations et consolider la paix.

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