AccueilActualitéPolitiqueCercueil symbolique à Kisangani : une marche politique face au risque

Cercueil symbolique à Kisangani : une marche politique face au risque

Des jeunes ont transporté un cercueil symbolique portant l’inscription « Adieu Joseph Kabila » dans les principales artères de Kisangani, le samedi 24 octobre 2026. La marche avait été convoquée par le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, qui, le mardi 20 octobre, à l’issue de consultations avec des députés, des membres du gouvernement provincial et des responsables de partis politiques, avait invité la population à se rassembler au stade Lumumba avant de défiler en ville.

Plusieurs habitants et acteurs locaux ont pris part à la manifestation. L’objectif affiché était de dénoncer la rébellion attribuée à l’ancien président Joseph Kabila et de rejeter toute tentative de balkanisation de la République démocratique du Congo. Les participants ont exprimé leur opposition au recours aux armes pour accéder au pouvoir et leur attachement à l’intégrité territoriale du pays. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions sécuritaires dans l’est du pays, où des accusations visent l’ancien chef de l’État au sujet de son implication présumée dans la rébellion.

Devant les manifestants, Paulin Lendongolia a déclaré : « Nous avons déjà notre démocratie qui est en voie d’épanouissement. Nous avons connu des élections à plusieurs reprises dans ce pays. Nous ne voulons plus que la loi des plus forts règne. Nous ne sommes pas dans la jungle ». Il a estimé que le président Félix Tshisekedi devait poursuivre son mandat constitutionnel sans être contraint de recourir à la guerre pour conserver le pouvoir, et a appelé la communauté internationale à soutenir le processus démocratique en RDC.

La marche a également porté un message contre toute tentative de fragmentation du territoire national. Les participants ont réaffirmé leur attachement à l’unité du pays et au règlement des différends politiques par des voies démocratiques.

Cependant, cette mobilisation a suscité des inquiétudes sanitaires. Un arrêté provincial signé le 9 juillet avait suspendu les rassemblements pour limiter la transmission d’Ebola, alors que la province a déjà enregistré plusieurs dizaines de cas et plus de 30 décès, selon les chiffres rapportés dans le débat public. Jean Divin Tawamba, favorable à la marche, estimait qu’elle permettrait de montrer que la Tshopo reste unie derrière les FARDC face aux tentatives de désinformation. À l’inverse, Claudlove Ramazani, membre de la Ligue des jeunes de l’UDPS, a jugé que « l’urgence sanitaire doit primer », tandis que François Longo, étudiant en droit à l’Université de Kisangani, redoutait une nouvelle propagation de la maladie. Le porte-parole du gouverneur, Maître Michel Biambe, a assuré que des dispositifs sanitaires seraient prévus, notamment la mise à disposition de solutions hydroalcooliques et le respect de la distanciation physique.

A lire aussi : Kisangani : la marche du 24 octobre face aux mesures contre Ebola ; Kisangani : une marche le 24 octobre sur fond d’Ebola

Article Ecrit par Chloé Kasong

Sources: mediacongo.net, actu30.cd, actu30.cd

Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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