AccueilActualitéJusticeMassacre de Lemera : HRW demande une justice internationalisée

Massacre de Lemera : HRW demande une justice internationalisée

Trente ans après le massacre de Lemera, au Sud-Kivu, Human Rights Watch demande la création d’un mécanisme judiciaire internationalisé pour les crimes commis en République démocratique du Congo. Cette proposition vise à compléter le travail de la Cour pénale internationale (CPI) et des juridictions nationales, alors que de nombreux responsables présumés échappent encore à la justice, selon l’organisation.

Dans une tribune consacrée à cet anniversaire, Ida Sawyer, directrice de la division crises, conflits et armes à Human Rights Watch, appelle également à un programme global de réparations pour les victimes de crimes internationaux graves. Elle défend une réponse judiciaire renforcée, accompagnée de mesures pour mettre fin au soutien aux groupes armés responsables d’exactions contre les civils.

Lemera, un massacre inscrit dans le rapport Mapping

Le 6 octobre 1996, les forces rebelles de l’AFDL, soutenues par le Rwanda, ont attaqué l’hôpital de Lemera et tué 37 personnes. Cette attaque figure parmi les 617 incidents recensés dans le rapport Mapping des Nations unies, consacré aux violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en RDC entre 1993 et 2003.

Malgré les procédures engagées devant la CPI et la justice militaire congolaise, HRW affirme que de nombreux auteurs présumés n’ont toujours pas été traduits en justice. L’organisation cite notamment des hauts responsables politiques et militaires congolais, rwandais et ougandais.

Une réponse judiciaire à plusieurs niveaux

Le mécanisme internationalisé proposé s’inscrirait dans un ensemble de mesures judiciaires. HRW recommande de soutenir la CPI et son enquête en cours en RDC, de recourir aux juridictions étrangères compétentes au titre de la compétence universelle et de renforcer la justice militaire congolaise.

L’organisation demande aussi au gouvernement congolais d’instaurer, avec l’appui de partenaires internationaux, un programme de vérification. Celui-ci aurait pour objectif d’écarter des forces de sécurité, des services de renseignement et des fonctions gouvernementales les personnes impliquées dans de graves violations des droits humains.

Mettre fin au soutien aux groupes responsables d’exactions

Pour Ida Sawyer, l’impunité des crimes passés a alimenté les violences que HRW documente aujourd’hui. Elle cite le M23, qu’elle décrit comme un groupe armé responsable d’exactions, soutenu par le Rwanda et contrôlant de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis janvier 2025. Selon HRW, d’autres groupes armés, ainsi que des éléments de l’armée congolaise et leurs alliés, continuent également de commettre des exactions contre les civils.

HRW appelle donc les gouvernements étrangers à exercer une pression significative sur Kinshasa et Kigali pour obtenir la fin de tout soutien aux groupes armés responsables d’exactions. L’organisation présente ces mesures, associées aux poursuites judiciaires et aux réparations, comme nécessaires pour lutter contre l’impunité qui favorise, selon elle, la répétition des atrocités.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: Actualite.cd

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