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Débrief du 18 octobre 2026 : cessez-le-feu, Makala, Ebola et crises scolaires en RDC

Le 18 octobre 2026, la République démocratique du Congo navigue entre tensions sécuritaires, urgences humanitaires et crises sociales. Du cessez-le-feu fragile dans l’Est aux accusations contre Joseph Kabila, de la prison surpeuplée de Makala à l’ultimatum des soignants d’Ebola, sans oublier les écoles à ciel ouvert, la journée révèle un pays sous pression. Ce débrief fait le point sur les faits marquants et leurs implications.

Kinshasa accuse Joseph Kabila de préparer une offensive

Le gouvernement congolais a formellement accusé vendredi l’ancien président Joseph Kabila de préparer une vaste offensive contre le pouvoir, au lendemain de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), une alliance politico-militaire avec le M23. Selon le porte-parole Patrick Muyaya, cité par CongoQuotidien, Kabila « a décidé de formaliser son offensive de grande envergure contre la République ». Le recours aux armes reviendrait à « tuer des Congolais pour tenter de conquérir des territoires ». Cette alliance, officialisée lundi, place l’ancien chef de l’État à la tête d’une structure dont les responsables du M23 seront vice-présidents. Déjà condamné à mort par contumace pour complicité avec le M23, Kabila rejette ces accusations. Ce rapprochement, dans un contexte de contestation contre un éventuel troisième mandat, accentue la fracture politique et sécuritaire.

À Lusaka, la RDC appelle la CIRGL à des résultats concrets

Réunis en Zambie pour la 20e réunion des ministres de la Défense de la CIRGL, les États membres ont entendu un plaidoyer ferme de la RDC. Le vice-Premier ministre Guy Kabombo Muadiamvita, président en exercice du Comité, a appelé à dépasser les déclarations d’intention. Il a insisté sur le respect du cessez-le-feu, la cessation de tout soutien aux groupes armés et le renforcement du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE) et MCVE-PLUS. Selon l’article de CongoQuotidien, ces mécanismes doivent disposer d’un accès effectif et de moyens adaptés. La RDC réaffirme son attachement aux voies diplomatiques, notamment les engagements de Washington, de Doha et la résolution 2773, tout en appelant à une coopération régionale renforcée contre les groupes armés transfrontaliers.

La France salue les premières vérifications du cessez-le-feu

Au Conseil de sécurité des Nations unies, la France a salué le déploiement des premières missions du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus à Minembwe (Sud-Kivu) et à Masisi (Nord-Kivu). Jérôme Bonnafont, représentant permanent, a insisté sur la nécessité de rendre effectif le cessez-le-feu et de garantir la pérennité du mécanisme. Il a remercié la MONUSCO, l’Union africaine et la CIRGL pour leur appui. Selon CongoQuotidien, Paris reconnaît des avancées mais estime que « des efforts supplémentaires sont attendus des parties pour pérenniser ce mécanisme et pour concrétiser une cessation permanente des hostilités ». Le choix de ces zones sensibles, régulièrement le théâtre d’accusations mutuelles, marque une étape concrète après l’accord de Doha d’octobre 2025.

Makala : 16 238 détenus pour 1 500 places, des mesures urgentes

La surpopulation carcérale atteint un niveau dramatique à la prison centrale de Makala. Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, et le procureur général Firmin Mvonde Mambu ont constaté jeudi que l’établissement abrite 16 238 détenus pour une capacité de 1 500 places. Plus de 11 000 sont en détention préventive, et l’on compte 299 femmes et 229 enfants en conflit avec la loi. Selon le compte rendu de CongoQuotidien, la promiscuité est extrême, certaines détenues partageant un lit à huit. Le ministre a annoncé l’accélération des libérations conditionnelles et des évaluations pour raisons humanitaires, avec un objectif de désengorgement et d’amélioration de la prise en charge sanitaire. Une centaine de détenus ont déjà été identifiés pour une remise en liberté.

Beni-Butembo-Lubero : les soignants menacent d’une grève sur la prime Ebola

Dans la région de Beni-Butembo-Lubero, l’intersyndicale du personnel de santé a adressé un préavis de grève de 14 jours au gouverneur du Nord-Kivu. Les soignants exigent des équipements de protection individuelle et une prime de risque pour tous les agents exposés au virus Ebola, et non seulement ceux des centres spécialisés. Mongerwa Nzoli, coordonnateur adjoint de l’intersyndicale, rappelle que les agents des structures ordinaires sont tout aussi exposés et que certains ont déjà été contaminés. Selon CongoQuotidien, faute de réponse favorable dans le délai imparti, une grève pourrait être lancée, menaçant la riposte dans une zone déjà éprouvée par l’épidémie.

Inongo : le ministre dissout l’intersyndicale et ordonne la reprise des cours

À Inongo, la rentrée scolaire reste suspendue depuis le 1er septembre. Le ministre provincial de l’Éducation, Justin Iyolo, a ordonné la reprise des cours pour ce lundi 19 octobre et dissous le comité provisoire de l’intersyndicale des enseignants de Maï-Ndombe 1. Il invoque l’incompétence et le dépassement des limites de compétences. Mais Gédéon Mfuba, président de la structure dissoute, conteste la légalité de la décision, estimant que le ministre n’a pas qualité pour dissoudre un syndicat. Selon CongoQuotidien, les enseignants conditionnent la reprise au paiement des arriérés de salaires de décembre 2025 et janvier 2026. Le bras de fer risque de prolonger la paralysie scolaire.

Kindu : à l’école Atoko, les cours se tiennent à ciel ouvert

À Kindu, dans le Maniema, plus de 1 258 élèves de l’école primaire Atoko suivent les cours sans toit depuis qu’un vent violent a emporté la toiture de deux bâtiments la semaine dernière. Exposés au soleil, à la pluie et au vent, les enfants étudient dans des conditions précaires qui compromettent leurs apprentissages. Le directeur, Lokombo Tuku Polydor, lance un appel urgent aux autorités et aux organisations humanitaires pour réhabiliter les salles. Selon CongoQuotidien, l’absence de toiture risque d’endommager davantage les infrastructures restantes. La communauté éducative espère une intervention rapide pour garantir un cadre d’apprentissage digne et sécurisé.

De la diplomatie régionale aux réalités carcérales et sanitaires, la RDC fait face à des urgences qui se chevauchent. Le cessez-le-feu progresse lentement, mais les accusations contre Joseph Kabila rappellent que la stabilité politique reste fragile. Pendant ce temps, la prison de Makala, l’épidémie d’Ebola et les crises scolaires réclament des réponses immédiates. La journée du 18 octobre révèle un pays où la quête de sécurité ne peut se dissocier des droits fondamentaux.

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