Mgr François-Xavier Maroy, archevêque de Bukavu, a adressé une lettre ouverte au gouvernement congolais et au Front pour la refondation de la Nation. Son message est clair : dans les zones occupées par l’AFC/M23 au Nord et au Sud-Kivu, l’éducation ne doit pas devenir un champ de bataille. Le prélat revient sur les nominations effectuées par le mouvement armé dans certaines universités de Goma et de Bukavu, ainsi que sur la décision du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) de suspendre ces établissements et de sanctionner les enseignants nommés.
Dans sa correspondance, l’archevêque alerte également sur l’exigence faite aux étudiants de se déplacer vers d’autres provinces, alors que les conditions des parents restent précaires. Il exhorte les belligérants à ne pas utiliser l’éducation et le secteur social comme arme de guerre ou champ de bataille pour leurs règlements de comptes, et à se comporter en parents responsables soucieux de l’avenir de la patrie.
La riposte du ministère de l’ESU
Dans une mise au point adressée à l’archevêque, le ministère de l’ESU défend sa décision, affirmant qu’elle vise à préserver la régularité des actes académiques et la crédibilité des diplômes dans l’intérêt des étudiants. Il estime que les nominations effectuées par l’AFC/M23 dans les établissements de Goma et Bukavu portent atteinte à leur gouvernance et aux compétences de la tutelle, et que l’exercice des responsabilités de l’État ne saurait être placé sur le même plan que des décisions imposées par un mouvement armé.
Des étudiants pris dans l’engrenage
Le calendrier des faits montre l’enchaînement. Le 25 juin, l’AFC/M23, désormais Front pour la refondation de la Nation, a nommé des comités de gestion dans certaines universités publiques de Bukavu et de Goma. Le 10 août, le ministère de l’ESU a suspendu les activités dans ces universités et sanctionné les professeurs nommés. Ces décisions ont des incidences directes pour les étudiants : certains ont choisi de rejoindre des universités dans d’autres provinces, tandis que d’autres, sans moyens, attendent toujours un compromis pour la reprise des activités.
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Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd
