Hervé Diakiese Kyungu, avocat au barreau de Matadi et porte-parole d’Ensemble pour la République, a annoncé son retrait temporaire du parti cher à l’opposant Moïse Katumbi. En exil en France depuis 2024, il invoque la nécessité de se consacrer à des procédures judiciaires « d’une extrême sensibilité ».
Dans une correspondance adressée à Moïse Katumbi, l’avocat explique que son image d’acteur politique risque de nuire à son travail et d’exposer ses clients à une « exploitation politicienne de leurs dossiers ». « Pour préserver l’intégrité de ces procédures, qui seront de plus en plus publiques, je ne souhaite pas que mes engagements politiques puissent être utilisés contre elles », écrit-il. Il remercie par ailleurs Moïse Katumbi pour la confiance accordée depuis la campagne électorale jusqu’à son départ en exil.
Cette décision a surpris plusieurs cadres d’Ensemble pour la République. Olivier Kamitatu, qui a annoncé la décision, estime sur X que le parti « perd bien plus qu’une voix ». De son côté, la députée nationale Dominique Munongo regrette le départ temporaire de celui qu’elle considère comme l’une des têtes pensantes du parti, particulièrement dans des moments comme ceux-ci. « Mais, que peut-on y faire ? Je retiens une seule chose : “Il faut qu’une porte se ferme pour qu’une autre s’ouvre”. Courage, Maître Hervé Diakiese ! », a-t-elle déclaré sur X.
Contexte judiciaire en Belgique
Hervé Diakiese est également avocat au barreau de Paris et conseil auprès de la Cour pénale internationale (CPI). Il fait partie du collectif d’avocats représentant des plaignants congolais issus d’organisations non gouvernementales ayant déposé une plainte contre des proches du président Félix Tshisekedi pour des faits présumés de blanchiment.
Dans ce dossier, la justice belge a procédé mercredi 14 octobre à des perquisitions dans des résidences de proches du président congolais à Bruxelles ainsi que dans les provinces du Brabant flamand et du Brabant wallon, selon des médias belges. Citant un communiqué du parquet fédéral, ces médias rapportent qu’une instruction judiciaire a été ouverte à la suite de plaintes déposées par des organisations non gouvernementales en juillet 2025, dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de blanchiment.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
