Les tables du marché sont chargées de légumes, de feuilles de manioc, de maïs et de tubercules. Au milieu des allées animées par les vendeurs et les acheteurs, des femmes vont et viennent pour vendre leurs récoltes. Beaucoup viennent de zones rurales parfois éloignées, avec des paniers remplis du produit de leurs champs et l’espoir de subvenir aux besoins du foyer.
Jeudi, à l’occasion de la Journée internationale des femmes rurales, l’Union congolaise des femmes des médias (UCOFEM) a organisé une rencontre au marché de l’Abattoir, à Bunia. L’activité a permis de partager des expériences, d’évoquer les difficultés du métier et de rappeler la place de ces femmes dans la sécurité alimentaire et l’économie locale. Winnie Lengala, coordonnatrice provinciale de l’UCOFEM en Ituri, a indiqué que cette journée est une occasion de reconnaître le rôle de ces femmes dans la vie des communautés.
Une vendeuse rencontrée sur place raconte qu’elle achète des feuilles de manioc dans les champs de Shari pour les revendre. Les bénéfices, même modestes, lui permettent notamment de payer les frais scolaires de ses enfants. Ce travail de la terre et de la vente des récoltes représente aussi, pour beaucoup, une manière de préserver l’autonomie de leur famille.
Mais les contraintes restent nombreuses. Une autre vendeuse explique que les productrices s’efforcent de produire pour prendre en charge leurs enfants, alors que l’espace cultivable manque et que le sol est appauvri. Elle plaide pour l’utilisation d’engrais adaptés afin de restaurer la fertilité des terres et d’améliorer les récoltes. À cela s’ajoutent les longues distances pour accéder aux champs et transporter les produits, ainsi que l’insécurité qui, dans plusieurs zones agricoles de l’Ituri, complique les activités et menace les moyens de subsistance.
Derrière chaque produit exposé, il y a un travail agricole dont dépendent une partie des revenus des ménages et l’approvisionnement des consommateurs de Bunia. Des champs jusqu’aux étals, ces femmes relient les campagnes aux centres urbains, contribuent à remplir les marchés et à nourrir de nombreuses familles. Au marché de l’Abattoir, le récit est le même : un travail indispensable, porté par la volonté de nourrir les autres tout en assurant l’avenir de leurs enfants. L’accès aux terres, la dégradation des sols et l’insécurité continuent toutefois de fragiliser ces activités.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
