La Corporation des associations des chauffeurs de la ville de Kinshasa a annoncé une grève de deux jours, prévue du lundi 19 au mardi 20 octobre 2026. Cette action vise à interpeller les autorités sur plusieurs revendications liées à la taxe de stationnement et aux conditions de transport.
Dans une lettre adressée au gouverneur de la ville, l’organisation dénonce notamment le flou autour de la taxe de stationnement imposée depuis 2020, le manque de parkings et d’espaces d’arrêt aménagés, et demande la révision des tarifs de transport et des charges d’exploitation.
Une taxe sans contrepartie visible
Erick Manianga, président de Mopila ASBL, juge inexplicable que, malgré six années de paiement de cette taxe, les conducteurs ne disposent toujours pas de parkings aménagés. Il rappelle que le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke, avait accusé ses prédécesseurs de ne pas avoir reversé les recettes dans les caisses de l’État. « Les chauffeurs de la ville de Kinshasa demandent où est passé cet argent », a-t-il déclaré.
Les conducteurs, en particulier les motocyclistes, affirment payer 500 francs congolais par jour pour des parkings qui ne sont pas construits. « Pas de parking, pas d’arrêt, cela crée des embouteillages à travers la ville », déplore Erick Manianga.
Le ministre provincial des Transports continue d’exhorter les conducteurs à s’acquitter de la taxe, mais a annoncé la résiliation des contrats avec certaines sociétés de collecte, tout en poursuivant la perception sous une autre forme.
La hausse des coûts pousse à réclamer une révision tarifaire
Les chauffeurs exigent également la convocation urgente de la commission tarifaire. Ils veulent une majoration des tarifs des courses pour faire face à la hausse des charges d’exploitation, notamment le prix des pièces de rechange. Erick Manianga donne l’exemple du radiateur, passé de 25 à 60-70 dollars, et cite les embouteillages interminables comme un facteur aggravant.
Selon lui, toutes les démarches pour obtenir des éclaircissements sont restées sans suite, d’où la décision de grève. « C’est afin de montrer au président de la République, à la Première ministre, au gouverneur de la ville de Kinshasa et aux autres autorités qu’il y a quelque chose qui ne va pas », explique-t-il.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
