Le poète congolais Guillaume Bukasa est décédé à Goma, dans le Nord-Kivu, ce jeudi 15 octobre, a rapporté ACTUALITÉ.CD. Il avait été hospitalisé pendant trois jours.
L’article du média congolais souligne que sa disparition constitue une perte pour sa famille biologique et artistique, ainsi que pour la communauté culturelle et littéraire de la région des Grands Lacs. Guillaume Bukasa y était reconnu pour son œuvre et son engagement auprès des jeunes écrivains.
Parmi ses publications les plus connues figure « Des mots pour dire la paix au Kivu », un recueil de poèmes consacré à la pacification de l’est de la République démocratique du Congo. À travers ses textes, l’auteur abordait la réconciliation entre les peuples, le dialogue entre les communautés et la nécessité d’une cohabitation pacifique. Dans un contexte marqué par les conflits armés, ses écrits portaient un message contre la haine et la violence, tout en valorisant le rôle de la littérature dans la transformation des sociétés.
Guillaume Bukasa s’était investi dans la formation et l’encadrement de jeunes écrivains à Goma. Il a notamment présidé le Collectif des écrivains du Nord-Kivu, contribuant à la promotion de la littérature et à l’émergence de nouvelles voix sur la scène culturelle locale.
Sa trajectoire l’avait conduit des humanités littéraires au collège Alfajiri de Bukavu à une formation en lettres achevée vers 1996, selon sa notice biographique publiée par Africultures. Il a ensuite enseigné la littérature à Kigali, au Rwanda, au sein du GAT Institute Knowledge.
Son engagement restait actif : le 3 octobre 2026, il avait animé à Goma un café littéraire consacré à l’ouvrage « Nos souvenirs de la vie au Kivu » de Pascal Bauma. En 2002, il avait reçu le prix de la BBC pour son poème « Train de la Démocratie » et un prix de l’Université de Liège pour « Fleur d’amour, fleuve de guerre », selon les informations biographiques disponibles.
Parmi ses autres œuvres figurent « Cette nuit la victoire (1998) », « La tribu où je suis femme », « Notre terre, la vengeance n’aura pas lieu », « De la haine naîtra l’amour » et « Les poèmes qu’ils m’ont interdits d’écrire ». Ces publications exploraient les blessures humaines, les contradictions sociales et les possibilités de reconstruction après les violences.
Au fil des années, Guillaume Bukasa s’était imposé comme une figure de référence de la vie littéraire au Nord-Kivu, grâce à ses actions en faveur de la lecture, de l’écriture et du dialogue culturel.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd
