Le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a accusé l’ancien président Joseph Kabila de vouloir contribuer à une aggravation de l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo. Il s’exprimait lundi 12 octobre à la tribune de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), à Dakar.
Cette prise de position intervient après l’annonce par Joseph Kabila de la création d’un nouveau mouvement politico-militaire, en remplacement de la rébellion de l’AFC/M23, dont il prend la tête depuis Goma, dans le Nord-Kivu, sous occupation rebelle.
Le silence sur l’agression rwandaise en cause
Dans son intervention, Samuel Mbemba a alerté l’Union africaine sur ce qu’il qualifie de menaces persistantes liées aux ambitions expansionnistes du Rwanda et de ses alliés armés opérant dans l’est de la RDC. Il fonde notamment ses inquiétudes sur le discours prononcé par Joseph Kabila le 9 octobre. Selon le ministre, l’ancien chef de l’État n’y a fait aucune référence à l’agression rwandaise, qu’il considère comme la principale cause de l’instabilité sécuritaire, des difficultés économiques et des violations massives des droits humains enregistrées dans l’est du pays.
Cette omission soulève, selon lui, des interrogations sur les intentions réelles de l’ancien président et sur les conséquences de son initiative politique dans une région fragilisée par les conflits armés.
Un appel à l’Union africaine
Face à cette situation, Samuel Mbemba a appelé l’Union africaine, à travers la CADHP, à renforcer ses efforts en faveur de la promotion et de la protection des droits humains dans l’est de la RDC. Il a exhorté l’organisation continentale à assumer pleinement ses responsabilités en matière de prévention des conflits, de protection des populations civiles et de lutte contre l’impunité. Pour lui, les violations des droits humains commises dans l’est du pays ne doivent pas rester sans réponse de la communauté africaine.
Cette prise de position intervient alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs territoires des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Les populations civiles continuent d’y subir les conséquences des affrontements entre groupes armés et forces régulières.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
