Le Conseil de sécurité a examiné, mardi 13 octobre, la situation dans l’est de la République démocratique du Congo. Huang Xia, envoyé spécial pour les Grands Lacs, a insisté sur l’écart entre les engagements diplomatiques et la poursuite des violences.
Les combats restent intenses dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. L’AFC/M23, appuyée par l’armée rwandaise selon les Nations Unies, y a renforcé ses positions. Aucun cessez-le-feu véritable n’a été observé, malgré les efforts de Washington, Doha et l’Union africaine.
Au Sud-Kivu, les territoires de Mwenga et de Fizi ont connu une intensification des affrontements, avec l’usage de drones armés, d’artillerie lourde et d’explosifs dans des zones habitées. Au Nord-Kivu, des incidents ont été signalés à Masisi, Lubero et Walikale.
Sur le plan des droits humains, l’ONU a recensé 2 186 violations et atteintes entre le 16 mars et le 15 septembre, dont 70 % imputées aux groupes armés. L’AFC/M23 serait responsable de la moitié de ces exactions. Les forces de sécurité congolaises comptent 891 violations attribuées à des acteurs étatiques.
Les ADF, affiliées à l’État islamique, ont été impliquées dans 211 incidents ayant causé 468 morts parmi les civils pendant la période examinée. Les FDLR sont tenues pour responsables de 94 incidents et de 40 décès de civils.
La situation humanitaire demeure critique : plus de 6 millions de déplacés fin juin et plus de 26 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë. L’épidémie d’Ebola a fait 3 699 décès pour 7 672 cas confirmés au 19 septembre.
Un protocole de désarmement a été signé entre Kinshasa et des représentants des FDLR, mais Kigali le juge non conforme aux accords de Washington. Les retraits du M23 de certaines positions restent limités et semblent davantage tactiques qu’un réel désengagement, selon le rapport.
L’exploitation illégale des minerais continue d’alimenter les groupes armés et les tensions régionales. Huang Xia a recommandé un meilleur suivi des chaînes d’approvisionnement.
La méfiance entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre le Rwanda et le Burundi, accroît le risque d’une confrontation régionale. Un incident frontalier isolé pourrait déclencher un conflit plus large, prévient le rapport.
Huang Xia a exhorté les parties à transformer les engagements en actes concrets. Il a noté que la fenêtre d’opportunité ne resterait pas ouverte indéfiniment et que la confiance devait être bâtie par des actions, non par des déclarations.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
