À Kinshasa, le ministère de l’Économie nationale a validé trois documents stratégiques destinés à formaliser l’économie informelle en République démocratique du Congo. Selon le diagnostic présenté lors de l’atelier technique tenu au Centre Saint-Pierre Claver, dans la commune de la Gombe, près de 80 % de l’économie congolaise relève du secteur informel. Les travaux, placés sous le haut patronage du président de la République et coordonnés par la Première ministre, ont réuni des représentants des ministères sectoriels, des administrations publiques, du secteur privé, des organisations professionnelles, de la société civile et des partenaires techniques et financiers.
Le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, empêché, était représenté par le secrétaire général à l’Économie nationale, qui a présidé la session. Son ambition, selon les orientations défendues par son ministère, n’est pas seulement d’enregistrer les activités hors du cadre formel, mais de créer les conditions pour que les acteurs concernés intègrent progressivement l’économie formelle, développent leurs entreprises et contribuent à la croissance nationale.
Des défis en matière d’emploi et de protection sociale
Le poids de l’informel soulève des défis en matière de création d’emplois décents, de productivité des entreprises, de protection sociale et d’élargissement de l’assiette fiscale. Pour y répondre, les trois documents validés à l’unanimité, moyennant des amendements, fixent un cadre stratégique. Henry Kamvunze, expert ayant participé à leur élaboration, en a présenté les principaux axes avant la signature d’un procès-verbal de validation.
Le statut de l’entreprenant, un levier pour intégrer le secteur formel
Parmi les mécanismes envisagés figure le statut de l’entreprenant prévu par le cadre juridique de l’OHADA. Chantal Mwarabu, représentante de la Primature, a présenté l’organigramme de la coordination du processus de formalisation et a insisté sur l’importance de ce statut pour faciliter l’intégration progressive des petits entrepreneurs dans le secteur formel. L’objectif est de rendre les démarches de formalisation plus accessibles et de permettre aux opérateurs économiques de bénéficier des avantages liés à leur intégration dans le circuit formel.
Le processus bénéficie de l’appui de partenaires internationaux. Au nom de l’Organisation internationale du Travail (OIT), M. Gomez a remercié les autorités congolaises et réaffirmé la disponibilité de son organisation à accompagner l’initiative, avec l’objectif de favoriser la création de millions d’emplois décents. Oasis Kobila Tedika, représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a réitéré l’engagement de son institution et assuré que l’accompagnement pourrait se poursuivre au-delà de la validation des documents, notamment durant leur mise en œuvre.
À l’issue de l’atelier, Jocelyn Nappa, conseiller chargé de la formalisation auprès du vice-Premier ministre, s’est félicité de l’aboutissement du processus de validation. Il a indiqué que cette étape ouvre la voie à la mise en œuvre de la politique nationale de formalisation de l’économie informelle. Le principal défi consiste désormais à traduire les orientations stratégiques validées en mesures opérationnelles, capables d’améliorer la productivité des entreprises, de soutenir la création d’emplois décents et de favoriser une croissance plus inclusive. L’impact de cette réforme dépendra de la mise en œuvre effective et de la collaboration entre l’État, les opérateurs économiques et les partenaires au développement.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
