La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé, dans un communiqué daté du 9 octobre 2026, avoir sanctionné des agents impliqués dans le monnayage des duplicatas de cartes d’électeur à Kinshasa. Cette pratique, qui consiste à exiger de l’argent pour un service pourtant gratuit, soulève une question simple : comment garantir l’égalité d’accès à un document essentiel à la participation électorale ?
Des pratiques contraires à la gratuité officielle
Les enquêtes internes menées par la CENI dans la capitale congolaise, à la suite de plusieurs plaintes, ont permis d’identifier des logisticiens et des informaticiens impliqués dans ces pratiques. La centrale électorale condamne ces agissements et rappelle que tout agent reconnu coupable d’infractions aux règles régissant ses fonctions s’expose aux sanctions prévues par les textes en vigueur. La délivrance du duplicata de carte d’électeur est entièrement gratuite, et toute demande d’argent constitue une violation des procédures. Cette situation met en lumière les failles possibles dans la chaîne de délivrance des documents électoraux, où des agents peu scrupuleux peuvent profiter de la vulnérabilité des citoyens.
Un dispositif exceptionnel pour les électeurs déplacés
Pour faciliter l’accès à ce service, un dispositif exceptionnel de délivrance des duplicatas est opérationnel au Secrétariat exécutif provincial de la CENI à Kinshasa, situé sur l’avenue des Poids Lourds, à proximité de la Force navale. Il s’adresse notamment aux électeurs enrôlés dans d’autres provinces, mais qui séjournent dans la capitale et ne peuvent pas regagner leurs antennes d’origine. Cette mesure vise à réduire les obstacles pratiques pour les citoyens en mobilité, souvent vulnérables face aux abus. En centralisant ce service, la CENI cherche à offrir une alternative aux électeurs qui, autrement, pourraient être tentés de payer des intermédiaires pour obtenir leur duplicata.
La CENI appelle à la dénonciation des abus
La CENI invite les électeurs confrontés à des demandes d’argent pour obtenir un duplicata à dénoncer les faits, preuves à l’appui, auprès de ses services compétents ou en appelant le 0815183807. L’institution précise que les éventuels frais exigés par un Officier de police judiciaire (OPJ) pour établir une attestation de perte de pièces sont distincts de la délivrance du duplicata, qui reste gratuite. Cette clarification vise à éviter toute confusion chez les usagers et à responsabiliser chaque acteur de la chaîne. En distinguant clairement les coûts administratifs éventuels de la gratuité du duplicata, la CENI entend protéger les électeurs contre les demandes abusives et renforcer la transparence du processus.
La sanction des agents fautifs et la mise en place d’un canal de dénonciation montrent une volonté de la CENI de préserver l’intégrité du processus électoral. Reste à savoir si ces mesures suffiront à dissuader les pratiques frauduleuses et à rassurer les électeurs sur l’équité du service public. L’enjeu est de taille : la confiance des citoyens dans les institutions électorales dépend en grande partie de leur capacité à garantir un accès égal et gratuit aux documents qui fondent leur droit de vote.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
