Les travaux d’aménagement du marché de Kamalondo, à Lubumbashi, se poursuivent en vue d’accueillir les commerçants délocalisés après la démolition du marché Mzée Kabila. Une centaine d’étalages en bois sont déjà installés et numérotés, tandis que les finitions se concentrent sur les toilettes et les fosses septiques. Quelques dépôts restent inachevés, selon un constat effectué samedi 10 octobre.
Une réhabilitation attendue après l’incendie de 2022
L’administratrice du marché, Chantal Kanin, annonce que les commerçants devraient bientôt occuper les lieux. Elle salue les travaux engagés par le gouvernement provincial du Haut-Katanga, rappelant que le marché de Kamalondo avait été ravagé par un incendie en 2022. « Nous avons fait quatre ans depuis l’incendie de ce marché. Ces femmes ont beaucoup souffert, elles ont travaillé dans de mauvaises conditions », témoigne-t-elle, évoquant l’état de dégradation du site avant sa réhabilitation.
La réhabilitation du marché de Kamalondo intervient dans un contexte de précarité pour de nombreux vendeurs. L’incendie de 2022 avait détruit une partie des installations, contraignant les commerçants à exercer dans des conditions difficiles. Les travaux en cours visent à offrir un espace plus fonctionnel, avec des étalages numérotés et des installations sanitaires rénovées. L’administratrice insiste sur la nécessité d’achever rapidement les finitions pour permettre une reprise normale des activités commerciales.
Des vendeurs dans l’attente de nouvelles places
Parmi les commerçants concernés figure Nana Kabulo, ancienne vendeuse au marché Mzée Kabila. Elle attend de pouvoir s’installer à Kamalondo après avoir perdu toute sa marchandise lors de la démolition de son ancien lieu de travail. « J’ai perdu toutes mes marchandises au marché Mzée le jour de la démolition. Je vendais des habits de toutes sortes. J’ai eu un jeton et j’attends une place au marché de Kamalondo », explique-t-elle.
Cette situation illustre les difficultés rencontrées par les commerçants délocalisés. La perte de marchandises lors de la démolition a aggravé leur vulnérabilité économique. L’attribution de jetons et l’attente d’une place à Kamalondo constituent une étape cruciale pour leur réinsertion professionnelle. Les autorités provinciales ont engagé des discussions avec les représentants des commerçants pour organiser cette transition, mais les délais restent une préoccupation majeure pour les vendeurs.
Une démolition sous haute surveillance
Les autorités de la ville avaient procédé, jeudi 1er octobre, à la démolition du marché Mzée Kabila, l’un des principaux centres de négoce de Lubumbashi. L’opération s’était déroulée sous haute surveillance, avec un important dispositif de sécurité composé d’éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC). Cette démolition s’inscrit dans le projet de modernisation des infrastructures marchandes du Haut-Katanga. Selon les autorités, un nouveau marché devait être construit sur le même site afin d’offrir de meilleures conditions de travail aux commerçants et un cadre mieux adapté aux activités commerciales.
L’opération était intervenue après plusieurs semaines de discussions entre les autorités provinciales et les représentants des commerçants. Ces échanges visaient notamment à trouver des solutions de relocalisation pour les vendeurs avant le lancement des travaux. L’ouverture effective du marché de Kamalondo devrait permettre aux vendeurs concernés de reprendre leurs activités dans ce nouvel espace commercial. En attendant, les travaux d’aménagement doivent encore être achevés avant l’accueil des commerçants.
La modernisation des infrastructures marchandes à Lubumbashi répond à un besoin de structuration du secteur informel. Le marché Mzée Kabila, avant sa démolition, était un lieu de commerce important pour de nombreux habitants. Sa reconstruction sur le même site devrait offrir des conditions plus sûres et mieux organisées. Toutefois, la période de transition actuelle impose aux commerçants de s’adapter à un nouvel environnement, avec des incertitudes quant à la stabilité de leurs revenus.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: mediacongo.net, radiookapi.net
