La journée du 10 octobre 2026 confirme une nouvelle fois la gravité de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo. Entre l’épidémie d’Ebola qui continue de s’étendre, les exactions des ADF qui touchent désormais le Haut-Uélé, et les initiatives politiques pour dénoncer l’agression du M23 et du Rwanda, l’actualité est dominée par une urgence humanitaire et sécuritaire. Voici les faits marquants de ce samedi.
La Dynamique 52 : une mobilisation citoyenne contre le M23 et le Rwanda
À Kinshasa, le député national Léonard She Okitundu a lancé la Dynamique article 52 de la Constitution, une initiative citoyenne visant à obtenir la condamnation du M23 et du Rwanda, accusé de soutenir la rébellion. S’appuyant sur l’article 52 de la Constitution qui garantit le droit à la paix et à la sécurité, cette structure entend mener un plaidoyer diplomatique auprès des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, de l’Union africaine et de l’Union européenne. L’objectif est d’exiger l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité. Léonard She Okitundu, ancien ministre des Affaires étrangères, a appelé à un éveil de la conscience patriotique, estimant que « la patrie est en danger ». Cette initiative s’inscrit dans un contexte de pression croissante sur le Rwanda et le M23, alors que les combats se poursuivent dans l’est du pays. Lire l’article complet.
ADF : plus de 1 500 victimes de violations des droits humains en neuf mois
Les Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de semer la terreur dans l’est de la RDC. Selon l’ONU, entre janvier et septembre 2026, ce groupe armé a été responsable de 319 violations des droits humains touchant plus de 1 500 victimes. Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu restent les plus touchées, mais les attaques s’étendent désormais au Haut-Uélé, une zone hors du mandat de la MONUSCO. Cette extension géographique complique la protection des civils, d’autant que les ADF ciblent notamment les sites miniers et les zones agricoles. Face à cette menace, la MONUSCO et les FARDC ont renforcé leur coopération avec plus de 3 000 patrouilles conjointes, mais les défis restent immenses. Lire l’article complet.
Ituri : identification des déplacés pour un retour volontaire à Djugu
Le gouvernement provincial de l’Ituri et ses partenaires humanitaires ont lancé une opération d’identification des personnes déplacées souhaitant regagner leurs villages. La campagne a débuté dans le site de la plaine de Savo, en territoire de Djugu, qui accueille environ 70 000 personnes. L’objectif est de préparer leur retour volontaire et d’évaluer les besoins en matière de sécurité, de logement et de moyens de subsistance. Cependant, les déplacés conditionnent leur retour à l’amélioration de la sécurité et à un accompagnement pour leur réinsertion. L’opération doit s’étendre aux sites de Kigonze et de l’ISP à Bunia, où la situation reste tendue après une opération de bouclage des forces de l’ordre. Lire l’article complet.
Ebola : l’étude BRAVO évalue le vaccin Ervebo en Ituri
En Ituri, la vaccination des personnels de première ligne contre Ebola se poursuit dans le cadre de l’étude BRAVO, coordonnée par Médecins sans frontières. Cette recherche vise à évaluer l’efficacité du vaccin Ervebo contre la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin spécifique n’est homologué. Depuis le 19 septembre, environ 900 personnes ont été vaccinées dans les zones de santé de Bunia et de Rwampara. L’étude cible au total 20 000 personnes, avec un suivi médical de six mois, et jusqu’à l’accouchement pour les femmes enceintes. Cette initiative est cruciale alors que l’épidémie a déjà enregistré plus de 8 700 cas et 4 200 décès. Lire l’article complet.
Beni : cinq guéris d’Ebola, dont un médecin, sortent du CTE
Une lueur d’espoir dans la lutte contre Ebola : cinq patients guéris, dont un médecin, deux infirmières et un pasteur, ont quitté le Centre de traitement Ebola de Beni. Le médecin avait été infecté en soignant des malades et a été déclaré guéri après 16 jours de soins. Cette sortie illustre que la guérison est possible, mais elle rappelle aussi le lourd tribut payé par les soignants. Selon l’OMS, 155 agents de santé ont été contaminés depuis le début de l’épidémie, dont 45 sont décédés. La protection du personnel médical reste donc un enjeu central de la riposte. Lire l’article complet.
L’ONU alerte sur l’enchevêtrement des crises en RDC
Lors d’un dialogue interactif à Genève, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo, a décrit la situation en RDC comme un « douloureux enchevêtrement de crises ». L’épidémie d’Ebola a dépassé les 8 000 cas et causé plus de 3 900 décès, principalement en Ituri et au Nord-Kivu. L’insécurité, le manque de financement et la désinformation entravent la riposte. Les équipes sanitaires sont elles-mêmes ciblées : au moins 36 menaces de mort ou attaques ont été recensées. Rétablir la confiance des communautés est essentiel pour stopper la propagation du virus. Lire l’article complet.
Nord-Kivu : 300 écoles équipées contre Ebola
Plus de 300 écoles de Beni, Butembo et Lubero reçoivent des kits de lavage des mains et des thermomètres sans contact distribués par l’UNICEF. L’objectif est de renforcer la prévention contre Ebola dans les établissements scolaires. À Butembo, certains établissements manquaient de matériel adapté. Cette initiative vise à instaurer des réflexes durables au sein des communautés scolaires, en associant les enfants et les jeunes à la mise en œuvre des mesures de protection. Lire l’article complet.
En résumé, la RDC fait face à une double crise sanitaire et sécuritaire dans sa partie orientale. L’épidémie d’Ebola continue de progresser, aggravée par l’insécurité et la défiance, tandis que les ADF étendent leurs exactions. Sur le plan politique, la Dynamique 52 tente de mobiliser l’opinion nationale et internationale contre le M23 et le Rwanda. La protection des civils et le rétablissement de la confiance restent les défis majeurs des prochaines semaines.
