La Direction générale des impôts (DGI) a reçu, vendredi 9 octobre, le directeur général de DRC GOLD Trading SA, Joseph Kazibaziba. Au centre des discussions : la fiscalité applicable aux négociants et coopératives qui approvisionnent cette entreprise publique en or artisanal. L’objectif est de rendre le circuit officiel plus attractif face à une contrebande qui fait perdre chaque année d’importantes ressources à la République démocratique du Congo.
Un manque à gagner estimé à 10 milliards de dollars
Selon des études citées par DRC GOLD, près de 75 tonnes d’or quitteraient illicitement le territoire congolais chaque année. Ces flux alimenteraient notamment les économies de pays voisins comme le Rwanda et l’Ouganda. Le commerce parallèle représenterait environ 10 milliards de dollars américains qui échappent aux circuits officiels, aux mécanismes de traçabilité et aux recettes publiques. Pour l’entreprise, ces mouvements non contrôlés constituent aussi un risque en matière de financement des groupes armés et de blanchiment de capitaux.
Deux impôts au cœur du plaidoyer
Le plaidoyer présenté à la DGI porte principalement sur deux préoccupations fiscales : l’impôt sur les bénéfices et profits (IBP) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Selon DRC GOLD, l’allègement ou l’adaptation de ces mécanismes pourrait attirer davantage d’acteurs vers le circuit légal. L’objectif est de créer un environnement où la vente de l’or dans les canaux officiels devient non seulement plus sûre, mais aussi économiquement plus intéressante pour les exploitants, les coopératives et les négociants.
Un réseau en expansion mais insuffisant
DRC GOLD est aujourd’hui implantée dans neuf provinces et dispose d’une dizaine de succursales couvrant notamment la Grande Orientale, le Grand Nord, le Grand Katanga ainsi que l’espace Kasaï. Pour ses responsables, l’ouverture de nouveaux comptoirs d’achat constitue une étape importante, mais insuffisante à elle seule. L’efficacité du dispositif dépend également de la capacité de l’État à mettre en place des conditions favorables à l’intégration des producteurs et commerçants dans le marché formel.
Joseph Kazibaziba explique que depuis près de quatre ans, l’entreprise travaille à la structuration d’une chaîne d’approvisionnement légale, responsable, traçable et sans conflit. Il affirme que ce travail a permis de convaincre des centaines de négociants et de coopératives minières de tourner le dos à la fraude et à la contrebande pour rejoindre le circuit officiel de commercialisation de l’or artisanal.
À travers cette initiative, DRC GOLD dit s’inscrire dans la vision du gouvernement congolais visant une meilleure maîtrise de la commercialisation de l’or artisanal, la réduction de la contrebande et l’augmentation des retombées économiques au profit du pays. Pour Joseph Kazibaziba, le défi consiste désormais à faire du circuit légal le choix le plus avantageux pour l’ensemble des acteurs de la filière aurifère congolaise, afin que les richesses produites sur le territoire national contribuent davantage au développement de la RDC.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
